Affaire Dominici - Triple crime de Lurs Index du Forum Affaire Dominici - Triple crime de Lurs
Discussions sur l'affaire criminelle de Lurs. Août 1952, 3 cadavres de touristes Anglais gisent aux alentours de la Grand Terre, la ferme des Dominici.
 
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les invraisemblances

 
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MessagePosté le: Dim Sep 30 2018, 16:10    Sujet du message: les invraisemblances Répondre en citant

BIS REPETITA


A la lecture des meilleurs ouvrages consacrés à l'affaire Dominici, Gaston le patriarche maître du domaine de la Grande Terre nonobstant des aveux pour la plupart fantaisistes reste, malgré l'absence de preuve matérielle, le seul coupable des trois crimes commis en bordure de ses terres; l'implication passive ou active de Gustave ou de son neveu n'a pu être établie.


Après une étude approfondie du dossier par Eric Guerrier et Jean Louis Vincent, pour ne citer que les plus récents, rien de plus ne vient infirmer ou confirmer le verdict de la cour d'assise du tribunal de Digne du 28 Novembre 1954. Si l'un des auteurs serait plus enclin du bout de sa plume à poursuivre une piste extérieure, l'autre auteur dans son ouvrage relate diverses péripéties anecdotiques peu connues, accompagnées à parts égales d’une resucée d’articles de presse, laissant libre choix au lecteur d'asseoir son opinion.


Ce genre d’affaire étalée sur plusieurs années n'a pas échappé à une compilation d'enquêtes inutiles bien sûr sans résultat, tant l'épicentre dès le début de l'affaire se trouvait être éloigné des investigations extérieures entreprises en pure perte, entrainant par conséquence des dizaines de kilos de paperasses, des auditions à n’en plus finir, des procès verbaux à la pelle. Alors que l’on s’aperçoit que les principaux protagonistes parents amis résidaient, allaient et venaient, convergeaient tous et toutes vers la Grande Terre. Sans s’écarter de cette portion rectiligne de la route nationale 96 reliant Peyruis en direction de La Brillanne en passant devant la ferme de La Serre, et sous le village de Lurs là où se situait justement le domaine de la Grande Terre, véritable nœud d’étranglement de l’énigme où converge dans une sorte d’entonnoir la RN 96, la Durance, la voie de chemin de fer, le canal de Manosque.


Si en général, les avocats de la défense s'épandent avec délectation dans une sorte de souffrance jubilatoire en invoquant se trouver en présence d'un dossier creux préjudiciable aux intérêts de leurs clients, ici suite à la double instruction Périès et Carrias, le procès aux Assises des Basses-Alpes additionné d’un zeste de contre-enquête menée par la fine équipe parisienne, nous voilà assommés, groggys, victimes d'un dossier alourdi d'un trop-plein d'inutiles.


Samuel Huet sur son site dresse une liste exhaustive des enquêtes infructueuses poursuivies.


Clovis est l’un des principaux co-responsable de l’imbroglio de l’affaire, quelles qu’aient pu être ses sincères motivations familiales, il a été le maître d’œuvre, l’artisan fossoyeur de l’enfouissement durant plusieurs mois de l’enquête.


Suite à la découverte des corps, il a délibérément caché et couvert durant quinze mois avec l’approbation tacite de ses co-équipiers, témoins de la première heure, les agissements délictueux de Gustave, qui sans cela aurait permis aux enquêteurs d'inculper immédiatement son frère Gustave Dominici, "Qui peut et n’empêche, pèche "… Et que l’on ne vienne pas à supposer que ces gens là ne se soient pas aperçus de la transformation de la scène crime, de cette supercherie, soit en lisant la presse, soit par ouïe dire des innombrables badauds de la région présents sur les lieux. Ce n’est pas enfoncer une porte ouverte que d’affirmer que la donne n'aurait pas été la même.


Que de temps perdu en s'éparpillant à battre la campagne, à entendre quantité de témoignages aux quatre coins de France alors qu’il eut été plus aisé en procédant à une mise en examen de Gustave pour étoffer les premières suspicions que la police et la gendarmerie avaient décelé et dans des incohérences matérielles et dans son attitude. Incohérences qui auraient pu être corroborées par les constats de Clovis si tant est bien sûr qu’on ne peut refaire l’histoire, si ce dernier à l’époque fût plus honnête et coopératif. S’il est louable de prôner la loyauté familiale, s’agissant ici de couvrir trois meurtres dont une fillette dans de telles conditions de barbarie, obligerait à cautionner que les liens fraternels ou patriarcaux primeraient sur l’honneur et la justice.


Le 12 Novembre 1953 jusqu’à la dernière minute Clovis face au commissaire Sébeille, avant de convenir implicitement que la scène de crime avait été maquillée par son frère, avait en toute conscience au-delà des liens du sang, fait le choix de passer tous les jours, résigné, tête basse, devant la décharge des Ponts et Chaussées et de la ferme maudite en entrevoyant la possibilité de poursuivre son chemin de croix à côté d’un ou plusieurs meurtriers, avec le fol espoir que ces crimes ne fussent jamais élucidés. A noter que les dissensions entre les Dominici n’apparurent qu’après les accusations des deux frères.


Un consensus général s’accorde à reconnaître que les enquêtes ont débuté dans des conditions chaotiques, on a même vu semble t-il Zézé promu arpenteur invité à tenir le décamètre d’un gendarme, avec des constats gendarmerie/police en doublon, des investigations sans périmètre de sécurité, sous la pression médiatique, en présence de badauds encombrants et de futurs accusés toutes ouïes. Tout ceci en pleine nature sous les regards et flashs de la presse alors que généralement les autorités opèrent à huis clos en milieu urbain, et qu’à cette époque l’omniprésence des journalistes n'était pour ainsi dire visible à Marseille par exemple que dans les bars interlopes du quartier de l'Opéra afin de recueillir de quoi alimenter leur une.


Le sieur Panayoutou, faux témoin, indic patenté, devait lui aussi puiser ses renseignements dans ce genre de lieux attirants aux plaisirs tarifés. Cet opportuniste noctambule, VRP multicartes, tantôt représentant en fromages forts, rosette à la boutonnière, protégé du commissaire principal Harzig, n’avait-il pas déclaré en plein procès n'avoir jamais cessé de rendre service à la PJ. Ce qui lui vaudra en fin de compte immunité bienveillante de la part du tribunal malgré des propos peu amènes tenus et proférés à son encontre du bout des lèvres pour la forme par l’avocat général.


Les principaux protagonistes hormis les Dominici de la Grande Terre ne déposèrent que trop tardivement et de façon mensongère ou pire encore plus gravissime par omission caractérisée, en négligeant volontairement des détails significatifs qui ont faussé les constats, nuisant à la manifestation de la vérité avec comme souci évident d'écarter tout soupçon pesant sur les gens de la ferme.


Cette erreur fatale de casting, si je puis dire, accentuée par ces auditions tardives ne fut rattrapée partiellement que plusieurs mois plus tard. On notera que les questions posées lors de leurs premières dépositions l’ont été par rapport à une suite de constatations trompeuses résultant des observations erronées in situ des gendarmes, puis de la Mobile de Marseille corroborés par la police scientifique à laquelle on ne tressera pas de lauriers.
Pour rappel aucune de ces personnes mentionnées ci-dessous ne se seraient présentées aux autorités, ni ne se seraient rendues sur les lieux dans la journée du 5 Août ; excepté Clovis en cati mini sur le coup de midi à l’heure du pastis accompagné par simple curiosité de Paul Maillet, mais sans qu’il ne fasse un pas en direction du juge Périès. Il a donc très bien vu la modification de la scène de crime. Cela prouve bien son implication à vouloir cacher la vérité.


Sera donc auditionné le 8 Août 1952, soit 3 jours après la découverte des corps, Fernand Faustin Roure chef d'équipe des poseurs de rails du district. Pierre Scize le croquera ainsi lors de la troisième audience du procès : "Cheminot en retraite, en qui s’exprime avec force et sobriété l’honnêteté ouvrière". Soit, mais bis repetita oblige il n’est pas inutile de le rappeler si l’on se penche sur son comportement qu’il y a de quoi en dire :
- Ne serait-ce que lorsqu’il apprend l’incident sur la voie ferrée, il ne se dérange pas pour évaluer les dégâts, ne prévient pas immédiatement qui de droit, pas plus que Clovis, son ami, qui réside à quelques pas de son domicile.


- Puis le matin en se rendant sur les lieux sans inquiétude particulière dans une tranche horaire habituelle puisqu’il dépasse ses coéquipiers sur la route, Boyer, Clovis sans les informer, pour enfin se rendre en solitaire sur la voie ferrée.


- On notera qu’après avoir découvert le drame, il se rendra à Peyruis distant de 6 Km pour téléphoner à sa hiérarchie prétextant que ça irait plus vite ‘’ plutôt que d’utiliser le combiné de la gare désaffectée de Lurs, ou plus sûrement celui en état de fonctionner de M. Sylve (utilisé par Romanet) situé à quelques centaines de mètres de la gare.


Le commissaire Chenevier le qualifiera de témoin à mémoire rétroactive, qui se serait  améliorée  avec le temps. Bon samaritain, omniprésent, toujours en mesure au moment opportun de "blanchir " les suspects, qu’il s’agisse :
Acte 1 :  De la comédie jouée sans entrer en scène, restant planqué en retrait dans l’arrière cours de la ferme à deux pas d’où fut déclamé avec brio dans son intégralité la fameuse réplique "Où ? Où ?"  criée haut et fort à qui veut l’entendre par un Gaston interrogatif, imprégné d’innocence, semblant tomber des nues en apprenant le carnage. Comédie jouée à Faustin par les Dominici qui ne doit faire aucun doute si l’on admet que le vieux a été condamné pour les trois crimes, c’est donc qu’il savait déjà l’étendue du massacre avant 8h du matin.  Comédie que cette étrange attitude du cheminot qui se rend chez Gaston pour le saluer et qu’en définitive il se barre sur la pointe des pieds sans se manifester.


Acte 2 : Ou volant au secours de Zézé lorsqu’il ne veut pas faire mentir le petit enfantouillasse, car assène t-il à décharge en plein procès à propos de sa venue matinale à La Serre : " Si Roger en est sûr c’est que c’est vrai ". Etayé en cela au cours de l’instruction en fournissant un alibi de poids, invoquant soit disant un achat quotidien à la ferme d’un kilo de picrate pour son équipe (*) pesant ainsi davantage sur un témoignage empreint de suspicion. Curieusement son épouse, débitrice patentée du Café des Voyageurs en vin et spiritueux, ignorait un tel trait de générosité de son époux et à croire ses coéquipiers ils n’en auraient paraît-il jamais humé le bouquet des arômes ni vu la couleur de ces chopines si généreusement offertes.


*Achat à La Serre le 5 Août qui n’aurait pu, pour cause d’oubli, avoir eu lieu à 06h30 du matin mais seulement à son retour de Peyruis si l’on tient compte qu’il ne pouvait par méconnaissance de la tuerie prévenir Zézé en se rendant au boulot à 06h30. Ainsi, afin de prouver tout en finesse qu’en dépit des circonstances connues, en allant acheter la bouteille de vin il avait en même temps prévenu le niston du drame un peu avant 08h du matin. Ce qui mettait un terme à toute velléité de suspicions pesant sur les épaules du " Roi des menteurs " sur sa présence au cours de la nuit chez les Dominici. Aux dires de son épouse, Roure n'avait pas emporté son casse-croûte sur les lieux de travail, il avait donc la possibilité avant de rentrer chez lui de s'arrêter devant la scène de crime et la moindre des choses, trois morts sur le tapis tout de même,  aurait été de contacter les gendarmes et le juge Périès. Peut être avait t’il même fait partie de la tablée apéritive composée d’une vingtaine de convives invités chez Gaston en même temps que le magistrat instructeur. Pour la petite histoire, le magistrat déshydraté, vraisemblablement victime du coup de bambou ce jour de canicule, se rafraichît d’un verre d’eau, offert par Gaston, qu’il additionna de trois gouttes de "Ricolès" sur 2 morceaux de sucre.


- Ou bien encore pour le plus grand bien de son ami Gustave en ne précisant pas des détails permettant de signaler la disparition d’un cadavre sur un endroit bien déterminé qu’il occupait antérieurement.


A noter qu’il ne s’arrête pas à son retour de Peyruis devant la décharge où se trouvait en faction le gendarme Bouchier, ce qui aurait été la moindre des choses.


- Ajoutons cette histoire de draisine à bras ou lorry (J.L.Vincent p.540). Engin qui n’aurait pu être installé sur rails en gare de Lurs en raison d’un retard de Clovis sur le chantier. Temps qu’il aurait pu mettre à profit en apportant une aide à son frère Gustave pour maquiller la scène de crime.
La mise en place sur rails d’un lorry nécessitait la présence de 4 personnes (Voir sur le web: Ajecta – Lorry Roisny Rail). Dès lors, on pourrait accréditer cette rumeur qui accable Clovis en faisant un rapide décompte des personnes qui pouvaient être présentes avant 07h en gare de Lurs (**) : en premier lieu absence de Roure partit pour Peyruis, secundo absence de Maillet qui est allé directement de chez lui au chantier du PK 321,105. Ne resteraient donc que 3 cheminots pour placer l’engin sur rails : Boyer, Drac et Bourgue. Ensuite Albert Bourgue se serait rendu à pieds donc sans la draisine rejoindre Maillet et il aurait prévenu la femme d’Aimé Perrin à 06h45 dans son champ au quartier de Giropey.
Dès lors, quel serait l’intérêt pour Bourgues d’ajouter une fausse péripétie défavorable à Clovis qui ne comptait probablement que des amis parmi ses coéquipiers.
 (**) Il faut tenir compte dans ces horaires plus ou mois justes que Ricard prétend être arrivé sur la décharge à 6h50.


Quoi qu’il en soit, en l’absence de confrontations générales aucun de ces points obscurs au cours des 2 instructions n’ont été vraiment abordé avec forte insistance dans l’intention de résoudre de façon définitive ces allégations. Mensonges ou omissions qui servaient d’alibis foireux au clan Dominici.


Le 12 Août 1952 Clovis l’aîné des fils Dominici est interrogé, soit 7 jours après la découverte des corps le 05 Août, si l’on excepte la présentation par Sébeille et Ranchin de la carabine sur la voie ferrée en date du 6 Août, dont l’apparition soudaine lui occasionna un vif effroi suivi d’un abattement physique l’obligeant à s’agenouiller sur le ballast durant quelques minutes, le temps de gratifier le commissaire de son premier mensonge en le forçant de fait à continuer son périple de questionnement infructueux dans les communes avoisinantes.


Attitude inexploitée d’un Clovis comateux quasiment dans les pommes, qui a néanmoins été remarquée mais sans que cela n’interpelle outre mesure le commissaire alors que précisément sa démarche était destinée à faire parler la carabine Rock-Ola, ou à tout le moins de susciter une réaction en la présentant tout de go aux gens susceptibles de la reconnaître. Et donc se pose la question, si un quidam avait eu la même réaction qu’elle aurait été l’attitude de Sébeille à son égard ?


Le 16 Août Marcel Boyer est auditionné par Romanet et le 20 Août par Sébeille, soit 12 et 15 jours après la découverte des corps. Cachotier de circonstances, horrifié à la compréhension des événements, il tentera de nier son arrêt à la ferme sans vouloir et non pas sans pouvoir expliquer cette tentative de mensonge alors qu’il est tout à fait aisé maintenant d’en comprendre les raisons. En plus du conciliabule en aparté entre les 2 frères, il avait déjà eu l’impression que Clovis savait où se situait le corps de l’enfant ; ainsi en extrapolant on pourrait donner corps à ce que prétendait Aimé Perrin, confirmé par Girard oncle d’Yvette, lorsqu’il a prétendu que Clovis se serait disputé avec Sir Jack sur la décharge la veille au soir, et qu’en quelque sorte on pourrait imaginer que la situation se serait envenimée plus tard avec probablement plusieurs personnages ...


Le xxx ? Roger Drac cité ça et là mais sans plus, arrivé bon dernier devant la ferme dont on ne sait quasiment rien, sinon qu'il avait été retardé en bordure de la RN 96 afin de satisfaire une envie pressante. C’est la seule information drolatique répétée à l’envi qui prête à sourire. Absent lors de la confrontation du 12 Novembre 1953, c’est tout dire et c’est peu à son sujet … Sauf erreur, on ne peut lire les P.V de ce brave homme dans aucun ouvrage, qu’a t-il vu ? S’est-il rendu seul sur la décharge après s’être arrêté à la Grand Terre ? Voilà un témoin on ne peut plus effacé, il le restera encore bien des années plus tard face à la truculence et à la verve de P. Maillet sur son lit en maison médicalisée lors d’un reportage télévisé.


Le 13 Mai 1953, Jean Ricard témoin énigmatique ignoré durant des mois à qui certains aujourd’hui et pas des moins éclairés sur l’affaire ont tendance à prêter des hallucinations ou des mirages lorsque ses témoignages s’avèrent être dérangeants.


C'est ce dernier qui, nonobstant l'introuvable trace - à ce que l’on en dit- de sa déposition en gendarmerie de Forcalquier du 5 Août 1952, a permis d'une façon assez rocambolesque de faire progresser l’enquête. Quoique dans un certain brouillard puisque une partie de ses observations seront écartées, si d’aucun considère subjectivement que certains détails remémorés plusieurs mois après leurs visualisations puissent se retrouver soit influencés soit déformés par le temps écoulé.


Dans le cas de ce témoin, s’agissant du corps gisant sur la décharge, il donne par deux fois une description identique de ses observations, une fois en Juin 1953 au commissaire Sébeille et une seconde fois en Novembre 1953 au Juge Périès, d’un corps positionné sur le dos, recouvert jusqu'à mi jambe d'une couverture, pieds chaussés, de surcroît en pantalon, avec croit-il le bras droit replié vers son visage ou l'épaule gauche (E.G p.291) ce qui correspond effectivement à une photographie de Sir Jack.


Admettons l’argument recevable, d'une possible interférence dans ses souvenirs avec une ancienne photo de Sir Jack parue dans la presse en position allongée sur le dos au bord de la route, mais alors quelle a été sa réaction en découvrant aussi une des photos de Lady Anne parues et commentées probablement à la même époque, face contre terre, allongée sur le ventre, gisante dans les herbes à plusieurs mètres de l'automobile qui ne correspondait en rien à ce qu’il avait vu ?


S'est-il écrié à la lecture de son journal assis dans son fauteuil comme dans le bureau du commissaire Sébeille. " Mais pas du tout, la photo de Lady Anne que vous me présentez ne correspond pas à … "


Sauf erreur, nous ne savons pas si Ricard a vu ou non des photos des victimes dans la presse qui auraient pu l'influencer avant sa convocation à l'Evêché de Marseille. Et s’il en avait vu dans les magazines alors Ricard a énormément omis, sinon plus encore, menti.


Les descriptions troublantes du campeur de Ganagobie ne seront pas approfondies ni prises en compte, l'essentiel était de disposer à minima d'un coin à enfoncer dans les défenses de Gustave, tout en sauvant la face de la GMP (Grande Maison Poulaga) car il s’agit bien de cela et il y a tout lieu de croire que gendarmes ou policiers responsables de cette boulette avaient "oublié " dans le fond d’un tiroir cette déposition gênante du 5 Août. Déposition que l’on ne trouvera probablement jamais dans le dossier car elle devait contenir certains détails explicites qui collaient sans doute davantage à la réalité.


Peut-être faudrait-il enfin se déciller les yeux et admettre que l’entretient du commissaire sur le plateau de Ganagobie apparaît à point nommé sous la forme fictive d’une conversation au pied levé avec Ricard dans le but de remettre en selle ce témoin trop longtemps ignoré. Et que le commissaire Sébeille pouvait toujours, à le lire, faire semblant de rechercher sans succès dans les paperasses sur son bureau la trace d'une note inexistante issue d’une conversation qui semblerait ne pas avoir eu lieu.


Pour éluder cet oubli il écrit en préambule avec subtilité p.159 "Je ne savais plus qui les gendarmes avaient entendu. C’est ainsi que je recherchai la déposition de l’un des tout premiers témoins que j’avais interrogé verbalement " (petite mise en bouche l’air de rien) au début de l’enquête. 
Ricard serait donc retourné sur le plateau quelques jours après sa déposition du 5 Août, il est certainement passé devant les lieux et c’est bien le diable s’il ne s’y est pas arrêté, s’interrogeant même sur les carences de son acuité visuelle.


Bon, soit dit en passant le commissaire a prétendu au cours de cette conversation n’avoir rien retenu d’intéressant (cf. J. L. Vincent p.248). C’est à se demander de quoi il aurait été question au cours de cette entrevue.


Pourquoi donc Sébeille en farfouillant dans son fatras de papiers ne remet-il pas plutôt sur le bureau la déposition de Ricard enregistrée à Forcalquier en date du 5 Août sur le coup de 14h, si ce n’est qu’il ne la possédait pas ou pas encore, ou qu’il ne l’a jamais vue, ou bien que les gendarmes n’en n’ont pas saisi l’importance au moment de son dépôt. Ou bien qu’il avait tout intérêt à ne pas la faire figurer au dossier.


Dans l’ouvrage de Sébeille toujours p.159, à noter qu’il n’est nullement question sur le plateau de Ganagobie d’évoquer la présence de Sir Jack gisant de l’autre côté de la route et c’est un peu fort de café que le commissaire n’en pipe mot, et qu’il se contente lors de cet entretient de la seule évocation des détails concernant la victime allongée sur la décharge.


Bon, bis repetita placent n'en déplaise, reprenons l'ouvrage de Sébeille  p.159/161, il écrit avoir rencontré fortuitement un témoin des premières heures qui déclarera avoir vu dissimulée sous une couverture jusqu’aux genoux une forme humaine allongée sur le dos, la pointe des pieds en l'air.
Mais alors sur le plateau de Ganagobie au cours de cette discussion impromptue, Sébeille toute ouïe ne s’était-il pas déjà aperçu que Ricard était en contradiction avec les constats de la gendarmerie et surtout des siens puisqu’il avait vu le cadavre de Lady Anne allongé sur le ventre et que les gendarmes lui avaient bien précisé que le corps de la victime avait été remis dans sa position initiale après que le Dr Dragon eut procédé à quelques examens superficiels.


A l'évidence Sébeille n'était pas un adepte du rendement oléicole intensif, hors de question pour lui de presser le scourtin jusqu'a la dernière goutte. Dès le premier jus à froid, sitôt des bribes de renseignement voire l’obtention d’aveux entachés d’invraisemblances, six ou sept lignes succinctes lui suffisaient pour clore un interrogatoire capital sans pousser à fond les auditions.


A l’instar de Ricard il n’explore pas vraiment en détail la raison supposée qui aurait poussée notre homme à pénétrer sur le bivouac ; la seule impression d’un désordre indescriptible aurait-elle pu justifier son intrusion ? Ricard avait déclaré que lors de sa progression à pied vers le renfoncement de la décharge il avait été obnubilé par la carrosserie d’un véhicule de marque inconnue garé sur sa gauche ; ce qui a pu bien sûr aiguiser sa curiosité au fur et à mesure de son approche de l’auto, de surcroît immatriculée GB. Aidé en cela par la focalisation naturelle de la vision binoculaire en direction de l’objet observé.


Mais on ne peut faire abstraction de la vision latérale ou périphérique qui permet de discerner et enregistrer certes avec moins de netteté un ou plusieurs objets insolites, en l’occurrence dans le cas présent ce lit perché de grandes dimensions qui attire ou détourne l’attention. Apparemment Ricard était affublé d’œillères protubérantes, et l’on pourrait affirmer sans exagérer que si le cadavre de Sir Jack situé à quelques pas de distance au bord de la route avait gît à découvert dans les touffes de genêts, il ne l’aurait pas vu non plus.


Le campeur avait dit pour s’expliquer, cru se trouver en présence d'un accident : quels en sont les signes ? Hillman mal garée débordant sur la chaussée ? Voiture abandonnée portes ouvertes ? Traces de chocs sur la carrosserie ? Gouttelettes de sang en travers de la route ? Des taches de sang à proximité du puisard ? La vue de quelques affaires éparses sur le sol d’un campement un peu bordélique était-elle suffisante pour s’en inquiéter ? En a t-il fait l’inventaire détaillé sur PV ?


Il a déclaré avoir contourné la Hillman par l’avant et pénétré sur la décharge, mais jusqu’où ? A combien de mètre se trouvait-il de la victime ? Et surtout aurait-il pu ne pas voir un autre corps dissimulé dans les herbes hautes en bordure du ravin recouvert lui aussi complètement par une couverture ? Aurait-il pu ajouter à sa perplexité plus d’inquiétude s’il avait découvert non pas 1 mais 2 campeurs excentriques couchés sur le sol alors qu’ils possédaient un matériel de camping fut-il sommaire ?


Voilà une personne, inquiète, dubitative, aux aguets, qui pénètre sur le bivouac, zieute plusieurs minutes les alentours. A ses pieds se trouve une forme humaine immobile, à côté d’un lit, inerte comme un cadavre, en partie recouverte jusqu’à mi-jambe. S’affole t’il ? Pas du tout, pas plus qu’il n’appelle pas pour s’enquérir de l’état de santé de la personne, il ressort du bivouac, se retrouve quasiment face au lit de camp de l’autre côté de la route, toujours invisible à ses yeux, il est juste étonné par la façon peu orthodoxe de la personne de se coucher à même le sol sur du gravier.
On remarquera encore l'inertie de ce témoin au cours des mois à venir et son manque de réaction lorsque il a dû apprendre par la presse qu'en face de la décharge, à une dizaine de mètres, il n’avait pas vu visible comme le nez au milieu de la figure un lit de camp en bordure de route dissimulant un second cadavre.


S’il a pris la poudre d’escampette comme il est suggéré dans le dernier ouvrage, on peut se demander ce qu’il a entrevu et compris en réalité pour l’inciter à détaler.


Bref, dans cet épisode un peu longuet, que le Tave reconnaisse avoir déplacé tel ou tel corps ou bien deux corps, n'apportait rien de plus dans l'escarcelle de Sébeille qui s'est ô combien pleinement satisfait d’un Gustave front baissé, chialant sur son épaule de ses accusations embuées de larmes portées à l’encontre de son père. Accusations corroborées ensuite dans la foulée par un Clovis retors jusqu’à la dernière seconde.
D’autant plus que pour Sébeille, s’il lui avait fallu incriminer encore d’autres personnes pour faux témoignages et se coltiner la presse, les quolibets et par dessus le marché le Parti, il n’en aurait retiré aucun avantage supplémentaire.


Néanmoins et c'est cela qu'il faut retenir, Gustave devait être sacrément assuré à 200 % (le % n’est pas exagéré) du profond silence de ses petits copains, sans crainte d’être dénoncé pour exécuter dans leur dos cette sale besogne face à des gens "francs z’et loyaux". Ce qui a forcément nécessité une collusion de la part de la bande des 4 qui se sont fort bien entendu professionnellement parlant, pour aiguiller sur une voie de détournement policiers et gendarmes. Action que le commissaire Sébeille qualifiera de folie, certes, mais qui en réalité, n’est que le prolongement d’une stupide ligne de défense sous contrainte, élaborée au pied levé à l’emporte pièce par Gustave et consort, résultant de sa sortie du bivouac devant Olivier. Tentative destinée à faire apparaître comme possible le fait que Gustave débouchant du chemin sur la RN aurait pu ne pas voir le lit de camp de l’autre côté de la route, comme il l’a laissé entendre, et à plus forte raison le cadavre en dessous, exactement comme ses amis puisque dans un premier temps ils déclareront eux aussi ne pas l’avoir vu en arrivant sur les lieux.
     
On notera que c’est l’objet le plus incongru et le plus voyant qui a été placé à dessin sur le corps de Sir Jack par le ou des tueurs réputés maîtres dans l’art du camouflage tant visuel qu’olfactif, et de la pose précautionneuse de collets et pièges à oiseaux. Il vient naturellement à l’esprit de se demander pour quelle raison ne pas avoir déplacé en retrait le corps de quelques mètres au cours de la nuit, plutôt que de mettre par dessus et en évidence avec absurdité ce qu’aux aurores personne ne pourra manquer de voir.


A moins que, résidait là l’astuce d’une tentative d’enfumage qui a failli réussir par ces paysans agriculteurs prétendument incultes, mais dont on n’imaginait pas les ruses et finesses qu’ils pouvaient déployer.


En fait c’est au moins 4 personnes : Roure, Clovis, Boyer, probablement Drac, en mettant de côté Comte et Olivier à moto (et surtout Ricard qui passe à pied à 9,50m environ de Sir Jack) qui dans des conditions acceptables de clarté seraient passés sans rien voir côté route nationale et pareillement côté décharge en ce qui concerne le corps de Lady Anne. On notera que mis au parfum par le Tave, ni Clovis, ni Boyer, se rendant au pont et repassant à proximité de la scène de crime n’ont toujours pas aperçus devant eux sur leur gauche la tâche claire d’un lit de camping d’au moins 2,00 m de long sur 0,70 m de large, placé en surélévation sur des genêts à une quarantaine de cm de hauteur du sol.


Pas plus qu’en direction de la décharge et en connaissance de cause, ils ne détourneront leur regard vers l’automobile et le corps allongé sur le gravier. Ce n’est qu’en retournant du pont vers la route, suite à la découverte de la fillette, que les cheminots découvriront de part et d’autre de la RN les cadavres des parents. Sans pénétrer sur le bivouac de fortune et surtout sans s’approcher du corps allongé sur la décharge, ce qui leur évitera bien sûr de donner trop de précisions sur la position et le genre de la personne concernée.


Curieusement Clovis (lui c’est sûr on sait qu’il ment) et Roure situent avec les mêmes mots le cadavre au bord du talus cf. J.L.Vincent  p.79 et p.104.


E. Guerrier p.290, lui, précise bien un corps gisant sur une pente en déclivité négative, en oblique de l’auto, ce qui correspondrait effectivement à la situation telle que les gendarmes l’ont découvert. Alors que les cheminots auraient dû comme que Ricard indiquer qu’un corps d’homme ou de femme se trouvait placé parallèlement à côté d’un lit de camp, lit qui saute immédiatement aux yeux. Cependant, aucun de ces lascars ne semblent avoir déclaré qu’Anne gisait à moins d’un mètre de ce lit de camp parallèle à l’automobile. Evidemment ces omissions intentionnelles caractérisées qualifiées par euphémisme gentillet de ‘’pauvreté dans les détails‘’ ne pouvaient que conforter dans l’erreur les constats des enquêteurs. Ou bien faudrait-il en conclure que ces dépositions seraient conformes à la réalité et que c’est bien à cette place que gisait la malheureuse depuis son décès. Et ma foi, si le silence et le manque de précision est patent chez ces individus, il s’avère en réponse que dans l’état d’esprit de ces protagonistes : "c’est que l’on ne leur en avait pas demandé davantage ".


D’ailleurs il serait intéressant de pouvoir lire et comparer les P.V de Boyer et éventuellement ceux de Drac avec ceux de Clovis et Roure. S’ils devaient comporter les mêmes mots employés pour situer ce corps sur la décharge, la collusion mensongère dans ce cas ne ferait aucun doute.


En clôturant pour l’instant ce chapitre on remarquera que les dépositions tardives des témoins au sujet des positions des corps reflètent exactement les constatations erronées de la gendarmerie et de la police. Personne durant plusieurs mois ne s’est avisé de remettre en cause les constats des enquêteurs.


La seule et incontestable preuve matérielle se trouve être la carabine Rock Ola qui a servi à massacrer la petite fille. Arme de guerre à usage familial pour le gros gibier dont on ne peut avec certitude attribuer l'entière propriété à l'un ou l'autre de ce clan de braconniers. En ce qui concerne la mort des parents aucune certitude ne permet d'établir quelle ait pu servir à les abattre puisque aucune balle n'a été découverte dans les corps.


Une interrogation demeure si l’on prend à la lettre la réponse de Gustave à Sébeille lorsqu’il avoue avoir déplacé un cadavre dans le but de s’assurer qu’aucune munition ne pouvait provenir de la ferme. Aurait-il pu en provenir d’une autre arme ? Alors, faudrait-il adhérer à l’utilisation hypothétique d’une deuxième arme de type Springfield comme celle que possédait Aimé Perrin, pourvue de munitions plus puissantes, mais du même calibre 7.62 que celles découvertes des années plus tard dans une brique creuse d’un hangar en démolition de la Grande Terre ?


Et qu’en somme à l’époque il aurait été parfaitement inutile de restituer à Aimé ces cartouches trop compromettantes, d’autant que son arme avait été confisquée avec seulement 4 cartouches stockées dans son arsenal privé, ce qui est ridiculement peu si l’on considère qu’il en avait gaspillé une cinquième la veille en tirant sur une agasse. Pour quelle raison garder ces cartouches et les cacher si soigneusement ? Si tant est que cela soit le fait des Dominici ? Questions sans réponses. Quand bien même, bataille d’experts en perspective, comment différencier l’impact des blessures provoquées par deux balles de même calibre dans des parties molles mais véhiculées par des puissances différentes ?


En complément, une hypothèse partagée par différents auteurs semblerait à l'heure actuelle prendre corps sur le nombre de projectiles qui auraient atteint Lady Anne puisque certains légistes affirmeraient qu'une quatrième balle serait resté logée dans ses cervicales. Une exhumation du corps (inimaginable) de la défunte permettrait de résoudre ce problème.


Quant à la fin tragique de l'enfant un flou persiste sur l'heure où les coups furent assénés ayant entrainé la mort, tout comme le temps de survie restant après les avoir reçu n'a pu être précisé.
Cela a eu pour conséquence de mettre en opposition au cours du procès un médecin généraliste de campagne qui a procédé in situ au premier examen des corps et un professeur émérite qui n'a ni vu ni manipulé les cadavres.
Que l'on ergote sur le temps de survie de la victime, fort bien. Mais comment a t’on pu émettre des doutes sur les compétences du docteur Dragon, comme ce fut malheureusement le cas lors du procès, lorsqu'il témoigne avoir constaté une certaine souplesse des membres de la jeune fille, il était sans conteste dans le vrai puisque le Tave avait reconnu et avait été condamné pour n'avoir pas porté secours à la fillette alors que celle-ci était vivante aux environs de 5h30 du matin. Ce qui expliquait bien sûr, même pour les néophytes les plus bouchés à l’émeri, la différence de raideur cadavérique entre les corps des parents et celui de la gamine.


Il était donc superflu d'argumenter que la manifestation de raideur des membres pouvaient parfois être plus lente chez les enfants. A cela s'ajoute l'incertitude totale sur l'origine de la blessure dans la région mastoïdienne droite ainsi que sur l'excoriation concomitante à une partie de l'oreille d’Elizabeth. Coup de crosse ou projectile ? Une fois de plus bataille d'experts, nul ne s’accorde.


Puis vint le temps des premières confidences suite au black-out des témoins peu loquaces qui ont avec parcimonie et mauvaise grâce distillé au compte goutte les infos nécessaires à la bonne marche de l'enquête. On pense bien sûr à la discrétion entre autre de Paul Maillet qui à l'occasion d'un différent désavantageux relatif au pesage de tubercules avait recueilli des révélations de Gustave "Si tu avais vu, si tu avais entendu … ".


Gustave confondu par Ricard en automne 1953, pris au piège, accusera son père pour se dépatouiller. Entrainant de facto les aveux de Gaston, dont certains dépasseront l'entendement ; aveux qui seront comme dans la plupart des affaires criminelles rétractés par la suite ; Gustave n’a pas dérogé à la règle. Il était donc prévisible que les personnes chargées d'instruire et d'enquêter ne se fassent guère d'illusions sur ces avatars habituels, et que par expérience ils ont pu anticiper d'être confronté en audience publique à la possible défaillance de Clovis, dernier et seul témoin capital qui accusait son géniteur des pires crimes.


Cela laisse libre cours à l'emploi de pressions et arrangements particuliers avec des suspects impliqués dans des actes de second ordre qui ne sauraient être jusqu'à preuve du contraire maculés de sang sur les mains.
P. Maillet par deux fois en est l'illustration :
1°) Pour le branchement électrique illicite sur le réseau E.D.F
2°) Pour la possession prohibée d'armes de guerre. Souvenirs du maquis d’un authentique résistant.


Ce qui l'obligera à une collaboration avec la police, certes hésitante mais plus fructueuse en lui laissant miroiter que la justice passera l'éponge.


C'est aussi le cas de Clovis qui en maintenant ses accusations envers son père sera et restera la colonne vertébrale de l'accusation ; ce qui sous entend qu'il a toujours été en mesure avant et lors du procès en bonne position, malgré les dissensions familiales apparentes de pouvoir négocier l’impunité de son frère si celui-ci venait à être inquiété.
Sinon comment expliquer qu'après avoir été confondu par Olivier, Maillet, Roure, Ricard, etc … que Gustave et Clovis puissent être libérés le 14 Novembre et que l'on ne donne crédit qu'aux accusations à l'encontre de leur père alors qu'il est prouvé qu'ils ont joué un rôle de complicité en enfarinant les enquêteurs.
Bienveillance qui se concrétisera encore lors des débats en refusant de faire prêter serment à la famille, contribuant au pourrissement du procès suite au revirement d'une cour de justice devenue subitement frileuse, redoutant après délibération un éventuel recours en cassation.


Procès assez paradoxal où l’on peut constater qu’il y avait plus de menteurs et de suspects à la barre des témoins que dans le box des accusés.


Une Cour de justice pressée d'en finir en se référant uniquement au calque du dossier d'instruction qui n'était pas loin s'en faut un modèle de certitudes circonstanciées.


Cette péripétie amena Me Pollak a subodorer en filigrane que les témoins pouvaient dès lors mentir à loisir sans se parjurer ; cela fut dit avec satisfaction par le ‘ vif argent ‘ quoi qu’il en laissa paraître, car il ne désirait en rien en acculant Gustave vouloir clouer au pilori un deuxième Dominici et peut être un petit-fils, sinon plus encore.
Les jurés populaires submergés dans cet océan de mensonges inter familiaux, sans questionnement approprié, très peu curieux notamment sur les conclusions d'une reconstitution menée au pas de course en une quarantaine de minutes par le Juge Périès, excluront de facto des interrogations essentielles portant sur les nombreuses lacunes de l’instruction, en premier lieu sur le mobile. Même si l’on s’accorde sur le fait que l’éboulement engendra une tension intra familiale qui se serait reportée sur des touristes gênants stationnés inopportunément au mauvais endroit au mauvais moment.


Mais aussi :
Telles que sur l'importance réelle de la mare ou tache de sang à côté du puisard que le juge d’instruction, en commettant l’erreur de ne pas faire procéder à des analyses sanguines, zappera au cours de la reconstitution, ne sachant pas trop comment l’insérer dans le dossier. Or de son importance dépend la faisabilité du parcours de Sir Jack et on ne saura jamais de quelle victime il provenait.


Telles que la pose immédiate du lit de camp par Gaston sur le cadavre de Sir Jack sitôt la perpétuation des crimes, ce qui est en contradiction avec les témoins M. Blanc et Richaud qui aux environs de 4h30 ont vu un lit de camp devant l'automobile, puis vers 5h30 par J. Hébrard qui voit un lit dressé devant celle-ci alors que le dit patriarche avait prétendu être parti faire paître son troupeau aux environs de 3/4 h du matin. Précisons que le deuxième lit de camp apparemment inutilisé au cours du couchage était encombré de différents objets qui n’ont à coup sûr pas été placés dessus avec délicatesse par le ou les tueurs.


Telles que la méconnaissance de la position exacte de Lady Ann au moment des tirs, soit disant à 5 m devant l'auto là où Gaston prétend l'avoir possédée … ou bien au bord du talus à l’endroit où les cheminots l’ont aperçue de loin sans pénétrer sur la décharge. C’est à dire dans les herbes hautes.


Telles que l'absence de sang sur le sol à l'endroit où Gaston prétend avoir abattu Lady Ann (à 5 m de l'auto devant le mûrier).


Telles que la cause exacte de la blessure à la main droite de Sir Jack.


Telles que l'absence inexpliquée de sang sous le corps de Sir Jack transpercé de part en part par 2 projectiles, alors que d’après les légistes le commissaire Sébeille p.50 révèle que le cœur n’ayant pas été touché, la mort aurait pu intervenir au bout d’une vingtaine de minutes, ce qui aurait du favoriser l’écoulement sanguin.


Telles que l'absence de sang sous le corps de Lady Ann à l'endroit "présumé" de sa mort et avant son transport tout aussi improbable en retrait dans les herbes hautes. Là où le capitaine Albert notera enfin une flaque de sang sous son corps en bordure du ravin.


Telles que le nombre exact de coup de crosse asséné sur le crâne de la fillette. Gaston n'en reconnaîtra qu'un seul, sous entendu, sans que cela fût approfondi, qu’il n’est pas responsable des 2 autres coups assenés sur les arcades.


Telles que la cause de la blessure à l'oreille droite de l’enfant.


Telles que l'endroit précis où elle aurait du se trouver si l'on accrédite que l'impact découvert sur le parapet par le capitaine Albert (et non pas par le commissaire Sébeille) provenait bien d'un tir qui l'aurait blessée. On notera la contradiction entre les deux hypothèses suivantes : celle qui consisterait à considérer que la fillette ait pu être atteinte à l’oreille par un tir lors de sa fuite, et celle qui supposerait qu’elle fut transportée évanouie jusqu’au bord du talus de la Durance. L’échec de la chienne Wasch dans le deuxième cas s’expliquerait par l’inexistence de traces olfactives sur le sol, tout en démontrant aisément l’absence d’écorchure sous ses voutes plantaires.


Or c’est bien sur la course effrénée, la soudaine agilité du vieux, et la tentative avortée de sauter l'obstacle du parapet qui a conforté le juge Périès d'inculper le vieux Gaston sans qu'il ait été prouvé que l'enfant ait pu courir pour s’échapper.


Il ne semble pas exister d’étude balistique sur la faisabilité ou non d’un tir pouvant atteindre la gamine en étant placée sur le chemin ou sur le sentier entre le bivouac et le pont. Hauteur de l’impact sur le bord du parapet. Hauteur du point d’impact à l’oreille. Dénivelé à prendre en compte à divers endroits susceptibles de correspondre à la position du tireur.
Ces trois paramètres auraient pu prouver ou non de la possibilité d’un tir ayant touché l’enfant, et par là même préciser en quel point l’enfant et le tireur auraient du se trouver. Il ne semble pas exister non plus un plan d’ensemble avec côtes et échelle comprenant toute la scène de crime qui engloberait le pont et le débouché du sentier herbeux sur le chemin de pierres qui enjambe la voie ferrée.


Telles que l'énigmatique présence sur le sentier de sandales de femme recouvertes par un oreiller, dont on ne sait si la personne qui détenait ces objets s'apprêtait à sortir ou bien à rentrer sur le bivouac avec déjà en main les sandales et le coussin.


Telles que le nombre de cartouches percutées et le nombre de cartouches gaspillées en raison d'un éventuel mauvais maniement de la carabine semi-automatique.
On pourrait remettre sur le tapis l’inaptitude présumée au maniement de l'arme par le tireur qui a fait couler autant d'encre que de salive. Inaptitude du patriarche que le Juge Périès n’a pu déterminer. En effet la reconstitution n'aurait pas permis d'établir si le vieux chasseur expérimenté savait ou non se servir correctement de cette arme de guerre, le procès verbal ne le spécifie pas. Lors de la reconstitution il se serait seulement borné à reproduire au coup par coup les tirs sans réarmer l'arme cf. p36 juge Carrias " Pourquoi je le crois coupable ".


Voilà autant d’énigmes sans réponse découlant d’une instruction plus que faiblarde menée par le juge Périès, résultantes de l'absence de précisions lors des interrogatoires.
Précisions qui auraient pu constituer des éléments de présomptions irréfutables.
Des réponses à des questions que les auteurs en disséquant le dossier n’ont pas obtenues puisqu’elles n’y figurent pas.


On fera l'impasse sur le témoin super protégé du commissaire principal Harzig, le sieur Panayoutou alias Mr X, aussi menteur que Casagrandi, désigné par l'Avocat Général comme le représentant de " la raclure des bas fonds Marseillais" qui sera néanmoins absout de toute sanction. La justice en fin de compte, plus frileuse qu'impartiale n'a pas pu élucider la totalité de l’affaire, le vieux promis à la vindicte populaire et aux bois de justice suffisait.


Gustave aurait dû être inculpé et condamné pour s'être rendu coupable de la transformation de la scène de crime.


Car le jeune chef de famille avait maquillé la scène de crime en déplaçant un ou des cadavres.


Qu'il avait recherché des munitions, douilles ou cartouches ou tout indice pouvant provenir de la ferme. Qu'il avait menti sur sa position lorsqu'il avait arrêté Olivier. Qu'il avait vu les corps des parents bien avant qu’il ne donnât l’alerte.


Qu'il avait entendu des cris d'horreur poussés par les victimes sans leur porter secours.


Qu'il n'était donc pas couché dans la nuit du 4 au 5 Août puisqu'il avait dit à P. Maillet se trouver dans un champ de luzerne, il avait donc vu qui et quoi, on ne le saura jamais ?


Il aurait du être inculpé et condamné pour complicité active avec son frère dans l’intention de leurrer la justice. S’il n’est pas répréhensible de ne pas dénoncer un proche parent, traîner des cadavres sur le sol est en revanche moins bien apprécié aux yeux de la loi.


S'il avait été placé à côté de son père dans le box des accusés plutôt que derrière la barre des témoins "dits irréprochables", il est bien évident que pour sauver sa peau aurait été plus enclin à expliquer les raisons de sa présence, et de la ou des personnes présentes dans le champ de luzerne ; il aurait eu également l'obligation dans son intérêt confirmer ou non la présence de Zézé à la Grande Terre dans la nuit du 4 au 5 Août.


Présence de Zézé sur les lieux qui ne fait aucun doute notamment dans l'esprit du capitaine Albert et de bien d'autres personnes comme le commissaire Chenevier ayant couvert l’instruction Carrias. Quant au quatuor d’avocats face au dilemme d'avoir à plaider au profit de Gaston au détriment d'un autre membre de la famille, malgré les suppliques, les simagrées affectées, à grands coups d’effets de manches grandiloquents, s'ils n'ont pu obtenir l'acquittement du patriarche ils ont néanmoins évité la décimation du clan Dominici.


Dès lors si le procès de Gustave du 12/11/52 s'était déroulé en tenant compte de ces faits, en grande partie occultés par Clovis, le jugement n'aurait pas été le même. On aurait dû au chef d'accusation d'avoir abandonné une enfant agonisante sans lui porter secours, ajouter : " avec la ferme intention de n’y prodiguer aucune aide afin qu’elle périsse ".
Gustave remerciera le Président en raison de la légèreté de la condamnation à deux mois d’incarcération. On peut le comprendre en effet…


Bref, on a amoncelé un dossier énorme, prospecté tout azimut en pure perte, mobilisé " l'industrie judiciaire " au plus haut niveau, déchainé les partis politiques, enrichit les caisses des médias, alors que dès les premières heures avant que la Mobile de Marseille ne se rende sur les lieux, une partie de la fine équipe des cheminots, pour ne pas dire l’ensemble, s’imposait le silence sur la modification de la scène de crime.


Clovis en particulier, maître d'oeuvre incontesté de la "bande des quatre " s'est tu dès les premières heures sur ces transformations sachant que cela aurait désigné Gustave et aurait entraîné son incarcération immédiate.


Autant dire tous coupables à des degrés divers dans cette micro société de parents et d’amis.


Trois crimes, deux adultes abattus, une enfant massacrée, trois suspects, deux enquêtes, un condamné à mort, une grâce présidentielle, une peine commuée en réclusion à perpétuité, une libération anticipée, une foison d'ouvrages plus ou moins volumineux, deux films engagés, plusieurs procès revisités dans les théâtres, une autre parodie organisée par des apprentis magistrats. Soixante six ans de palabre.      
                               
Mais au fait qui a fait quoi ?
Oryx
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MessagePosté le: Dim Sep 30 2018, 16:10    Sujet du message: Publicité

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