Affaire Dominici - Triple crime de Lurs Index du Forum Affaire Dominici - Triple crime de Lurs
Discussions sur l'affaire criminelle de Lurs. Août 1952, 3 cadavres de touristes Anglais gisent aux alentours de la Grand Terre, la ferme des Dominici.
 
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Les invraisemblances
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dixlouca


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MessagePosté le: Lun Mai 30 2016, 21:01    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Bonsoir

En ce qui concerne la fuite de l’enfant, est-ce la topologie du terrain qui lui a interdit de poursuivre jusqu’à l’extrême limite possible, c’est à dire là ou se termine la terre ferme et commence la rivière ou bien était ce de la complaisance* de sa part envers son poursuivant ?
C’est étrange pourquoi après avoir parcouru le sentier, franchi le pont, gravi le talus, pourquoi alors que la pente devient son allié elle interrompt sa course, elle aurait du poursuivre jusqu’à la rivière et ce n’est qu’à cet endroit infranchissable qu’elle aurait dû abandonner et se rendre.

Cordialement

*cette une provocation car sauf erreur d’analyse des photos de ma part il me semble que c’est l’endroit le plus propice pour le travail qui a été accompli
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MessagePosté le: Lun Mai 30 2016, 21:01    Sujet du message: Publicité

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oryx


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MessagePosté le: Mar Mai 31 2016, 18:31    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Salut Dixlouca,
Je n'ai pas connaissance que le gamine ait  gravi un talus quelconque lors de sa fuite.
C'est néanmoins les conclusions d'une fuite d'Elysabeth qui sera prise en compte et soutenue dans le dossier de l'instruction suite à la cavalcade débridée de Gaston suivie d'une tentative de suicide, qui permet au juge Périès  le jour de la parodie de reconstitution d'une quarantaine de minutes chrono en main de notifier l'inculpation au vieux au motif essentiel qu'il avait les moyens physique de courser la petite au triple galop.
Le père Dominici déclare qu'il a rejoint la petite fille au bord du talus, lui a asséné un coup de crosse sur la tête; et l'on retrouve son cadavre, on ne sait comment, gisant à quelques mètres  en contre-bas du talus ; encore un mystère non élucidé  qui ne pourrait trouver de réponses qu'en la personne de Zézé, désormais octogénaire libérant le trop plein de sa conscience, si tant est qu'il fût présent sur les lieux dans la nuit du 4 au 5 Août .


On notera que le commissaire Chenevier , avec l'assentiment de sa fine équipe de collaborateurs ont balayé sans hésitation le fait que l'enfant ait pu s'enfuir pieds nus sans se blesser , corroboré en cela par les révélations de Gaston qui fait état du transport d'Elysabeth sur les épaules de Roger Perrin .


Evidement, les premiers enquêteurs ne portent aucune responsabilité sur cet épisode qui n'a pris corps qu'après le procès; mais que dire d'un Chenevier sentimental  face à Gaston dans la prison des Baumettes , qui, toujours autant émotionné, écrit dans un ouvrage  " je ne fais pas mon devoir  "  au prétexte qu'il ne veut pas faire plier " ce vieux chêne ",  qu'il avait peur qu'il " ne se juge lui même "  " sans pouvoir s'accorder le pardon " .
Bon! maintenant si les criminels peuvent se pardonner, les victimes n'auront plus ce soucis .
Mais ses états d'âmes charitables lui font aussi louper le coche face à  l'irrespectueux Zézé qui traite de con son vieux pépé devant l' assemblé toute ouïe autour du vénérable, et selon ce qui est écrit dans son troisième ouvrage, Zézé aurait déclaré entre autre sur un ton de défi  " Alors redis-le ce que tu as dit de moi. Redis-le un peu ... et puis moi je dirai ce que j'ai a dire. "
Plouf !!! , nada !!! , fiasco !!! aucune question pressante de la part du commissaire qui est vivement impressionné cette fois-ci par l'aplomb de l'imberbe  juvénile  ; qu'avait-il a dire d'intéressant ce petit enfantouillasse aux mains pleines qui fait fermer la bouche du vieux ?


Alors Dixlouca, de quelle école faites vous partie,  fuite? transport de l'enfant ?
Ce n'est pas  l'an 16 de ce siècle qui apporte un éclairage définitif, sauf a botter en touche comme il est suggéré au lecteur de se faire une opinion soi-même.
Amicalement Oryx
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dixlouca


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MessagePosté le: Mar Mai 31 2016, 20:38    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Bonsoir

Je concède que je n’aurais pas dû employer le terme gravir pour indiquer la frontière entre le sentier propre et le départ vers le talus végétalisé. Quoiqu’il en soit s’il y avait eu fuite de sa part je reste étonné que ne se soit pas au bord de la rivière qu’elle se soit résignée à attendre son poursuivant.

Pour répondre à votre question je vous indique que je fais partie de l’école du transport. Et vous ?

Et peut-être même un transport très tardif, Gaston accompagnant les deux portefaix (ceux désigné par le même Gaston) ce dernier accomplissant la basse œuvre de réduire définitivement au silence la pauvre Elisabeth. Un pêché d’amour en quelque sorte pour sauver la famille.

Dans l’actualité récente on a écrit ou dit qu’Abdeslam était le maitre du temps si j’écrivais que celui qui était dans le gaga le soir de ses aveux était en réalité le maitre du jeu, qu’en penseriez- vous ?

Amicalement
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MessagePosté le: Mar Mai 31 2016, 20:49    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Et pensez à la canne, pensez à la canne ,c'est une véritablement arme entre ses mains qu'il brandissait à tout bout de champ ! ( de luzerne* )



Je suis très sérieux quand j'écris ceci , mais tant pis je ne peux pas m'autocensurer et l'enlever
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oryx


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MessagePosté le: Mer Juin 1 2016, 10:22    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Bonjour Dixlouca,
Trop bon  vos jeux de mots sur le comportement de Gaston.
En quelque endroit que ce soit ,  sur l'un des bouts de champs d'une des deux  luzernes  jouxtant le bivouac et le chemin conduisant au pont jusqu'au talus, le sort funeste de la fillette, avec la mort aux trousses, s'est joué in fine au bout d'un champ.
 Gaston, vous le rappelez si bien, était susceptible d'entrer dans de brusques accès coléreux suivi d'agressions physiques, le juge Jacques Batigne par exemple en fait état dans son ouvrage "Un juge passe aux aveux "
Gaston dans sa cellule des Baumettes se serait précipité sur lui en le serrant à la gorge.
Sébeille P 75 / 76  évoque lui aussi sa réaction assassine à propos des dissensions intervenues sur les langues étrangères entendues par le vieux ; coincé par le commissaire, Gaston, pris d'un  coup de  folie leva sa canne avec l'intention de frapper.
Il existe bien d'autres exemples.


Quant à ma position , ( évolutive ) je vais finir par m'y résoudre, en effet le transport de la fillette serait plus que probant compte tenu de l'absence de marque incrustée sous la plante de ses pieds.


S'il en est qui décrivent un sentier parsemé de touffes d'herbes, sur les photos de l'époque, sur le chemin, hormis les côtés en bordure des parapets on ne discerne que des pierres sur le sol
D'ailleurs il a quasiment le même d'aspect à l'heure actuelle alors que ce chemin n'est plus guère emprunté que par des curieux de notre acabit ; la végétation au sol devrait être plus dense, quoique faire pousser de l'herbe dans la caillasse ...


Mais si l'on considère recevable l'explication donnée à la présence des sandales de Ann sur le sentier on peut tout aussi bien supposer qu'il en serait  de même pour les sandales de la fillette, ramassées au bord du talus ,  avec la différence qu'elles auraient été subtilisées. 
Dés lors la fuite sans se blesser devient possible.
Amicalement Oryx
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MessagePosté le: Jeu Juin 2 2016, 06:11    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Bonjour

Les sandales cachées sous le coussin, qui semble être une action inachevée certainement causé par l’approche d’une présence gênante, si cette action avait été mené à son terme ED aurait été certainement retrouvé chaussé et quid de nos interrogations sur le déplacement d’Elisabeth.

Nota :
Mais si l'on considère recevable l'explication donnée à la présence des sandales de Ann sur le sentier
C’est quoi l’explication, j’ai dû rater un épisode

Amicalement
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dixlouca


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MessagePosté le: Jeu Juin 2 2016, 22:21    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Bonsoir,

Dixlouca Post du 2 MAI 21h 15
C'est bien probable, cela correspondrait à cette fameuse nuit de libation dont beaucoup de gens en ont évoqué la tenue chez les Dominici soit disant pour fêter les moissons, ce qui pourrait bien être en réalité le coup de blanche pour le réconfort après l'effort.

Curieux, pour fêter les moissons je verrai plutôt pour un bon gueuleton en plein jour sur les terres du producteur de blé qu’une dégustation de gnole en catimini en pleine nuit à plusieurs lieux du lieu du moissonnage.

Mais il existe aussi une autre rumeur, celle de la réunion politique communiste.

Rumeur qu’un auteur jugeait peu probable arguant du fait que la Grande Terre était certes sympathisante communiste mais non encartée, et qu’il n’était pas dans les habitudes du parti de tenir des réunions chez de simples sympathisants. Ce que je confirme ayant eu dans ma lointaine jeunesse un ami communiste. Les réunions se tenaient au local de la cellule et parfois au domicile d’un des responsables de la ville en comité restreint.
Le raisonnement de cet auteur est juste.
Mais une rumeur est souvent fondé sur des réalités et il n’y pas de fumée sans feu.
Cette histoire de réunion politique ne peut pas avoir germé comme ça, sans aucun fondement.
Si elle est fausse je ne vois pas l’intérêt d’une telle invention. Donc je pense qu’elle est vraie

IL est probable que l’appartenance à la CGT ou/et au Parti de la grande majorité de ces travailleurs noctambules a induit en erreur le ou les témoin(s) qui ont cru à une réunion politique et non pas imaginé que le panel d’encarté était là en réalité pour se réconforter après l’opération de déblaiement. Il ne faut pas oublié qu’à cette époque à la SNCF la quasi-totalité des cheminots
étaient syndiqués et que dans la liste des potentiels terrassiers que nous avons dressés figure de nombreux cheminots.

Quoiqu’il en soit on peut envisager que certain témoins ont pensé que nos joyeux drilles fêtaient les moissons alors que d’autres plus fin observateur ayant vu le point commun qui liait quelques un d’entre eux ont cru à une réunion politique.

Si tout comme moi vous pensez qu’un groupe de terrassiers a bien œuvrer cette nuit-là, et avait comme camp de base la GT qu’envisagez-vous comme impact sur les Drummond ?

Amicalement

Nota
A l’époque CGT et PC était étroitement lié, on peut sereinement même faire un amalgame !
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oryx


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MessagePosté le: Ven Juin 3 2016, 11:56    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Bonjour toutes et tous, 
En réponse à votre post matinal 
La question est de savoir si Gustave sortait du campement ou s'il rentrait sur le campement en empruntant le petit sentier.


 J.L.Vincent P 251 revient sur une hypothèse qui avait déjà été avancée par E. Guerrier p 295 quant à la présence sur le petit sentier d'une paire de sandales sans donner d' explication sur le coussin placé sur les sandales.         
Un coussin genre oreiller près du mûrier que Gustave avait par ailleurs signalé   .  
On reconnaît bien là  l' attitude constante des Dominici que de présenter aux enquêteurs sur un plateau quelques os à rogner , qui toute satiété repue resterons sur l'estomac :  traces de pas, bout de crosse, oreiller près du mûrier, femme en noir , side-car, voix étrangères entendues par Marie ,etc,etc.
En ce qui concerne les sandales et le coussin , des dizaines de posts ont été élaborés sans qu' aucune hypothèse plus probante qu'une autre ne soit retenue. 
Dernière hypothèse proposée par les  2  auteurs, les sandales de Ann seraient tombées lors de son  déplacement en direction du bord du talus , elles auraient ensuite été ramassées  puis déposées précipitamment au sol par le Tave,  probablement gêné par l'approche d'un tiers. 


Sauf que le 12 Novembre 53 Gustave déclarait  au commissaire Sébeille :
J.L.Vincent  P 268 , lorsqu'il soulève la couverture : " Elle ne portait pas de chaussures ni de bas "
Lorsqu'il fait cette déclaration, Sébeille n'a pas encore parlé de Ricard, donc Gustave donne ces détails en fonction de la position du cadavre telle que celle que les gendarmes découvriront .
Peut-être ne mentait-il pas cette fois-ci ;   Ann aurait bien pu avoir été abattue sur place et elle n'était pas chaussée. 


Si les explications des faits avancée par les auteurs concernant les sandales peuvent satisfaire, d'autres questions se greffent inévitablement .


Quelle était l'utilité de ramasser ces sandales dans ce désordre ambiant jugé " indescriptible " du moment que l'on accrédite l'hypothèse qu'il aurait été mis intentionnellement  ?
Pour quelle raison un oreiller se trouvait-il à 7 mètres du véhicule ?
L'oreiller a-t-il été pris et amené en même temps que les sandales?
Dans quel but placer un oreiller sur ces chaussures légères ?
 L'auteur des faits lors de la dépose n'aurait-il pas dû se trouver sur le trajet parcouru lorsqu'il a tiré par les pieds la victime, soit  entre l'automobile et le bord du talus  plutôt que de se trouver éloigné de 7 mètres à l'opposé de la victime si son intention était de les rapprocher du corps de Mme Drummond.
Pour quelle raison vouloir rapprocher ces sandales du corps de la mère alors que la fillette n'en porte pas?


Ce qui pourrait au contraire démontrer que les  sandales et le coussin auraient pu se trouver ailleurs , sur le chemin par exemple, et que Gustave se devait pour rester fidèle à sa ligne de conduite, ôter de son chemin , jusqu'à l'endroit où gisait la  gamine, tous les objets qui auraient dû éveiller son attention.


Qui a perdu les chaussures ? la mère ? la fillette ?
Quel est le rôle du coussin dans cette manigance ?
En tous cas policiers et gendarmes ne se sont pas penché sur le problème.
Cordialement Oryx
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oryx


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MessagePosté le: Dim Nov 6 2016, 23:51    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

TEMOINS ET PROTAGONISTES DU PREMIER JOUR
En se référant aux PV des protagonistes impliqués dans l'affaire , il est nécessaire d'employer le mode conditionnel sur ce que l'on croit savoir, tant les mensonges et contradictions abondent dans cette affaire criminelle ; et ce n'est pas la course à l'échalote engagée entre les différents services judiciaires qui ont permis la clôture d'un dossier d'instruction indiscutable, laissant libre cours malheureusement à de l'insatisfaction et à toutes les imaginations.
Car se fier en particulier à un PV  c'est se retrouver en contradiction avec un autre traitant du même sujet . Les doublons gendarmerie/police n'ont fait qu'aggraver les imprécisions.
Les retranscriptions des PV par les auteurs ne reflètent pas toujours avec exactitude le mot à mot des textes originaux. 


16h30 - 4 Août
 L'éboulement sur la voie ferrée du 4 Août aurait été découvert par Gaston le propriétaire de la Grande Terre aux environ de 16h30.
 Première interrogation : pour quelle raison les Dominici ne préviennent-ils pas les employés de la gare de Lurs qui est située à moins de 500 mètres, d'autant que bon nombre de ces personnes, Clovis compris, sont obligées à la fin de leur journée de travail ( 17 h ) de passer devant la ferme .
Sans se déranger Yvette et Marie auraient pu guetter le passage de Clovis. 
Mais non ! Gaston a préféré prendre le risque d'attendre un hypothétique retour concernant l'heure d'arrivée de son fils Gustave qui se serait située aux environs de 20h pour entreprendre in extremis le déblayage d'une partie de la voie durant 40 mn, alors que la micheline desservant cette ligne devait passer aux environs de  21h .


19h30 / 20h  - 4 Août
Entre temps les Anglais s' étaient installés sommairement sur la décharge et nul ne sait s' ils n'auraient pas fait quelques pas en direction de la Durance, se seraient approchés du pont et auraient pu apercevoir le Tave dans ses oeuvres .
Il est assez peu courant qu'un individu entreprenne des travaux de déblayage sur une voie ferrée en début de soirée sans que cela n'éveille de la curiosité.
On peut même supposer que face à cette situation inédite une amorce de discussion en français avec Sir Jack ait eu lieu si l'on accrédite le témoignage de Jeanine Rolland enregistrée par l'inspecteur Picq  page 129 que l'on découvre dans l'ouvrage de J.L.Vincent :
   " Monsieur Drummond s'exprimait très  correctement en français et avait même un vocabulaire assez complet. La fillette parlait également notre langue mais avec moins de facilité "
Ce qui ressemble fortement à ce qui est écrit p87 dans l'ouvrage de E.Guerrier avec l'emploi d'adjectifs différents :
" Sir Jack parlait le français mieux que sa fille, et avec un vocabulaire étoffé  ".
Voilà qui pourrait mettre à mal la " fable "de l' incommunicabilité entre les protagonistes, même si l'on doit tenir compte de l'accent de l'un et de l'autre qui n'aurait certes pas facilité une meilleure compréhension  .
A contrario  P. Scize p304  nous informe que d'après " Mr Maryan " Sir Jack ne parlait pas le français. 
Sauf que lors de son intronisation docteur honoris causa en 1948 à la Sorbonne il s'était exprimé en français, mais peut être lui avait-on transcrit son discours en langage phonétique.  Qui dit vrai ?


On ne devrait pas non plus prendre pour argent comptant cette histoire de     "déshabillage des femmes " sur le bivouac puisque Gustave ne peut être contredit par les victimes ; en de nombreuses occasions  la tactique bien rodée du clan consistait à foutre dans les pattes des policiers et gendarmes de faux éléments pour mieux les enfumer. 
 A ce sujet , face à l'impudicité supposée des anglaises , Gustave en détournant les yeux met l'accent sur un ressentiment de gêne dont il se pare, qui n'aurait pu avoir d'autre but que de taire une entrée en contact avec les anglais . Rien vu, rien dit, rien entendu tel est le bon vieux triptyque gage de tranquillité.


20h40 - 4 Août
La voie sitôt déblayée,  Gustave sans attendre le passage imminent de la Micheline, enfourche sa moto et se rend à Peyruis chez le brigadier Faustin Roure  responsable de l'entretien des voies du secteur pour l'informer de la situation juste au moment où l'autorail entre en gare de Peyruis à 21h01 
Puis Gustave s'en retourne illico à la ferme sans avoir, précaution ultime, jeté un coup d'oeil en direction de l'éboulement - on notera qu'ayant pris soin de ne pas gâcher la soirée de son frère aîné en interrompant son souper,  il ne l'aurait pas prévenu alors qu'il résidait à quelques pas de chez Roure. Attitude pour le moins étrange difficilement concevable quand on connaît les relations fusionnelles entre les deux frères ; non moins étrange attitude que celle de Faustin qui ne se soucie guère de prévenir son ami Clovis, qui est quand même concerné par le patrimoine familial du domaine menacé d'une éventuelle pénalisation pécuniaire très forte en cas d'arrêt de la Micheline.
Tout compte fait bingo, bien joué, deux alibis préventifs sans avoir à s'en prémunir ultérieurement. D' un côté Roure ne se serait pas rendu sur les lieux et d'un autre Clovis baignant dans l'ignorance ne peut s'y être rendu non plus.


A compter de cette heure les actions et le comportement de Faustin Roure ne cesseront de poser interrogations.
Que fait le brigadier Roure ? prévient-il qui de droit ? se rend- t-il sur place ? les investigations n'ont pas permises de déterminer s'il avait ou non délégué au Tave sa responsabilité professionnelle en lui intimant l'ordre de surveiller le terrain durant la nuit .
Il ne se serait même pas dérangé pour aller constater les dégâts, faisant confiance en cela à l'expertise d'un simple quidam, et il n'avisera ses supérieurs que lendemain matin après avoir constaté les désordres .


Attitude rarissime dans ce milieu qui déroge à tous les principes élémentaires de la sécurité envers les passagers et des biens de la société des chemins de fer.
Du manquement connu en haut lieu, rien ne transparaîtrait quant à un éventuel  blâme octroyé par sa hiérarchie.


6h15 - 5 Août
Donc le lendemain à 6h15, pas pressé du tout et sans grande inquiétude il enfourche son vélomoteur pour se rendre à son travail  muni d'un drapeau rouge  et de pétards d'alerte ( Domenech p113 ) pour enfin aller jeter un coup d'oeil sur la voie ferrée, qui semble-t-il n'était pas sa préoccupation première puisqu'en chemin, décontracté, sans les informer il dépasse et salue amicalement ses coéquipiers Clovis, Boyer le beau-frère de Clovis, et peut être Drac retardé en chemin dit-on par une envie irrépressible de satisfaire un besoin naturel.
Arrivé sur les lieux il est aux alentours de 6h30, le prochain train doit passer dans la tranchée aux environs de 7h - côté réactif, à l'instar de Gaston on se rend compte avec quelle légèreté le problème est abordé. Faustin n'aurait disposé le cas échéant que de quelques minutes pour entreprendre des mesures préventives qui se seraient imposées ...


Le brigadier poseur range son vélomoteur sur le côté droit de la route face à l'entrée du chemin conduisant au pont - il n'y a personne, Gustave n'est pas là - sachant que Roure devait s'arrêter, et étant responsable de l'incident, sa présence sur place se devait d' être effective.


Il était planqué dans l'encoignure du portillon d'entrée de la ferme,  craignant pour sa personne affirme-t-il pour se justifier, s'efforçant de surveiller la Hillman, prêt à relever le n° d'immatriculation si d'aventure les infanticides encore présents sur les lieux tentaient de s'enfuir. 
S'il on s'en tient à sa version, en voyant Roure arriver, il a fait preuve de lâcheté et de couardise en ne se portant pas à sa rencontre, le laissant seul aller au casse-pipe qu'il disait redouter pour sa vie.


Alors qu'en pareilles circonstances qui plus est en campagne on a vite fait dans le milieu rural, chasseur de surcroît, de se munir d'un fusil  plutôt que d'un papier et d'un crayon pour parer à toutes vélléités, mais le Tave trop chamboulé n'y aurait  pas songé..


Après avoir constaté l'éboulement répandu dans le fossé jouxtant le ballast, Roure rencontre à l'extrémité du pont sur le bord du talus côté Durance ses équipiers:  Boyer et Clovis, qui, entre temps, de passage devant la ferme Dominici avaient été prévenus par Gustave qu'une fillette agonisante gisait ensanglantée au bas du talus face à la rivière.


Petit détail:  Roure prétend à faux  au commissaire Sébeille relaté p79  par l'auteur J.L.Vincent que les " susnommés " Clovis et Boyer se sont arrêtés en voyant son vélomoteur sur le bas côté de la route. Hors :  le 8 Août  trois jours seulement après les faits ses souvenirs auraient du être plus vivaces ce qui lui aurait évité de proférer ce genre d' inexactitude.


En se rendant sur le pont Boyer déclarera lors d'une audition qu'il avait eu l'impression que son beau-frère Clovis connaissait déjà l'emplacement où se situait la petite fille.
Ce qui donne à penser que Clovis n'étant pas surpris devait en savoir plus long sur le déroulement des événements, et que l' algarade survenue la veille avec Sir Jack, relatée par Girard, pourrait fort bien avoir eu lieu.


Roure et Boyer placés sur le bord du chemin se fient aux propos de Clovis, qui, prenant du galon, décrète qu'elle était morte sans l'avoir approchée suffisamment de près pour en juger.
La mainmise sur l'affaire par Clovis s'était déjà manifestée lorsqu'il avait ordonné à son frère de ne pas l'accompagner alors qu' il se rendait sur le pont.


Sans s'attarder Roure remonte en direction de la route nationale pour récupérer son vélomoteur. En passant pour la deuxième fois à proximité du bivouac, bien que connaissant la situation, rien de particulier ne lui aurait sauté aux yeux. Il ne remarquera pas de désordre sur le bivouac comme a pu le capter quelques minutes plus tôt d' un rapide coup d'oeil circulaire  le Clovis filant pourtant bonne allure lors de son passage à vélo. Mais Roure voit pour la première fois sur sa droite en sortant du chemin, de l'autre côté de la route à une vingtaine de mètres, un lit de camp renversé les quatre arceaux en l'air, placé à 30 ou 40 cm de hauteur sur deux ou trois touffes de genêts.
En s'approchant, Il aperçoit des pieds chaussés qui dépassent du lit de camp. Un lit de camping faut-il préciser de couleur claire, approchant les 2m de long sur septante cm de large qu'il n'avait pas vu en garant sa pétrolette du même côté de la route ...
Certains auteurs prétendent qu' il aurait garé son engin contre le parapet du pont. C'est dire l'imprécision de toutes ces dépositions.


Ce n'est qu'ensuite en retournant vers sa bécane qu'il mentionne " et c'est de cet endroit " ,  il se serait donc trouvé en face du chemin conduisant au pont et ce ne serait qu'à ce moment là qu' il aurait  aperçu de l'autre côté de la RN une forme enroulée dans une couverture ; soit dit en passant on se demande comment à cette distance, une vingtaine de mètres, est-il possible, malgré la présence de l'auto , plus un lit de camp déployé devant le côté latéral du véhicule, que ces obstacles n' ont en rien occulté sa vision sur la plate-forme. 
Et de se demander comment se fait-il qu'en se trouvant sur le sentier,très près de la décharge il n'ait rien vu du tout, sauf qu'une explication ci-après peut éclaircir la situation.


Dans sa description il stipule bien au bord du talus et non pas comme tout un chacun aurait enregistré par mémorisation visuelle immédiate : derrière une auto, à côté d'un lit de camp, ou sur le gravier de la décharge.


Clovis utilise les mêmes mots pour désigner  l'emplacement de la victime " au bord du talus "; or nous savons que Clovis très bien assuré sur le silence de ses amis a menti en désignant le bord du talus. Nous pouvons donc en déduire qu'ils mentent tous puisqu'ils désignent le même endroit. Ou bien faudra-il alors s'y résoudre, situent-ils en réalité la position exacte du corps de Lady Ann telle qu'elle aurait toujours été depuis sa mort :  face contre terre, allongée pour moitié sur une couverture étendue dans les herbes sur une légère déclivité propice au confort relatif d'une personne ayant choisi de s'allonger à cet endroit pour y passer la nuit.  Bref, c'est une constante qui se dégagerait dans les rapports du capitaine Albert  :  N° 117/ 2 R du 1/ 5/ 1955  et  N° 17 R du 7/ 5 / 1956 que malheureusement E. Guerrier p294 cite sans les retranscrire en intégralité. 


A croire que le capitaine Albert était doté lui aussi d' une imagination puissante. 


On a admis que les indications fournies par Clovis étaient destinées à cacher la modification de la scène de crime afin écarter les soupçons qui auraient pesé sur l' auteur indélicat de ce méfait qui restera impuni. Mais il est  quand même surprenant que Roure pour s'exprimer puisse utiliser les mêmes mots pour désigner faussement comme Clovis le même emplacement du corps dissimulé dans les hautes herbes.


( A ce sujet on constate combien fut grande la mansuétude dont à pu bénéficier ce brave Clovis et que cette empathie perdure encore jusque dans l'écriture avec une certaine ironie gentillette quant à son attitude : J.L.Vincent  p633.
 " Quelques jours plus tard, il raconte sa présence sur les lieux du crime et manifeste à plusieurs reprises, la pauvreté de son souvenir pour ce qui touche à la position du cadavre d' Anne Drummond . " 
   C'est assez sympa comme appréciation envers quelqu'un qui a fait capoter l'enquête en prenant les bourres pour des bourriques...
Mais comment qualifier ses coéquipiers tous aussi chiches dans leurs propos? Cette complaisance accordée aux deux frères n'aurait eu d'autre contre-partie que le maintient des accusations contre Gaston. 
Tout le monde a compris que le ministère public avait besoin de ce terrible geste de Clovis illustré sur un cliché mémorable : bras tendu, ferme, index raidi, accusateur, pointé vers son père -  il était  donc nécessaire de les ménager. Seul Clovis ne s'est pas renié. Malgré le revirement de Gustave, Clovis aurait néanmoins maintenu la condition impérative que l'un et l'autre ne soient pas inquiétés. )


 On notera qu'une couverture étalée en partie sous les jambes de la victime n'a été décelée sur clichés qu' en1955 par le capitaine Albert. C'est dire que la place qu'occupait  la couverture n'avait rien d'incongru dans le paysage de la scène de crime, qui aurait pu éveiller le soupçon d'une manipulation quelconque.


D'ailleurs on verrait mal Gustave placer Anne sur une couverture pour ensuite tirer l'ensemble en retrait de seulement quelques mètres, et encore moins  s'il avait été aidé par un tiers.


Les touristes anglais ne disposaient vraisemblablement que de 2 lits de camp pour 3 personnes, rien ne prouve qu'un couchage rudimentaire ait été préparé dans la voiture à l'intention d' Elizabeth. Les 2 sacs de couchage n'ont pas été défaits.
Un seul des lits de camp semble avoir été utilisé - le deuxième étant occupé par divers objets dont des couvertures pliées.  Il est impensable que ce soit le ou les tueurs qui se soient attelés au rangement de ces affaires.


 Suite à cette parenthèse, quelle a été la réaction de Roure à la vue de ce troisième cadavre? Tout comme ses équipiers, il ne pénétrera pas sur le bivouac et  bien entendu personne d'autre ne polluera la scène de crime en soulevant la couverture afin de s'enquérir de son identité et de son genre.
Roure  aurait dit à son épouse qu'il devait y avoir un cadavre sous la couverture, c'est dire l'attention portée à la victime qui n'aurait pu être qu'inanimée.


 Ainsi apparaîtront les prémices d'une cécité collective volontaire en évitant de rapporter le jour même toutes descriptions détaillées relatives à l'identité et à la position de la forme humaine gisant sur la décharge.


Attitude discrète incompréhensible face aux autorités que ces témoins de premier ordre, si l'on la compare à la curiosité envahissante d'une foule ininterrompue de badauds venus de toutes part piétiner durant des heures la scène de crime sous les yeux clos du juge Périès.
Il est impensable - à l'exception de Clovis revenu sur le coup de midi en compagnie de Maillet - que Boyer, Roure, et Drac ne se soient pas présentés sur les lieux s'il n'avaient rien à cacher.


On peut remarquer que l'ensemble de la  brigade ferroviaire n'avait pas manifesté plus de compassion envers la fillette. D'ailleurs, on appréciera in fine de quelle façon honteuse et lâche, ces hommes (et femmes de la ferme) ont abandonné les victimes dans la nature en allant vaquer à leurs occupations.
Pierre Scize p300 écrira " Après quoi, ces hommes plein de pitié et d'horreur- de souci aussi - s'en vont à la Grand-Terre " .
D'horreur ? C'est possible. De pitié? Pas tous, loin s'en faut.


Les cheminots au pas de course ne se seraient attardés sur les lieux que quelques minutes, puis Clovis et Boyer se dirigeront à bicyclette vers la ferme, rejoints peu après par Roure poussant à pied sur 165m  son vélomoteur. Ce qui révèle une certaine perplexité avec le besoin d'un petit temps de réflexion.
Drac débarrassé de son inconfort intestinal s'est-il d'abord arrêté à la ferme ? Ou bien a-t-il rejoint ses coéquipiers directement sur le pont ? Rien ne semble transpirer sur sa conduite.
A son sujet on ne dispose de pas grand chose a lire sur PV . Il ne sera pas, sauf erreur, convié par Sébeille à la mini mise au point du 12 novembre 53. Ce qui peut surprendre.


6h45 - 5 Août
Il y a là réunis devant la bâtisse en plus de la bande des 4, Gustave, Yvette et Marie. Boyer  tentera de nier s'être arrêté à la ferme sans pouvoir donner d'explication aux enquêteurs, si ce n'est que "  horreur et souci " devaient trottiner sous son crâne en sachant qu'il allait devoir passer sous silence certains détails.
La suite le prouvera durant les mois suivants.


Roure enjoint son équipe de se rendre au travail,  il est presque 7H, montre en main ça ne fait pas beaucoup de temps effectif sur place entre la découverte des 3 cadavres et les palabres qui ont suivies.
Se greffe un autre problème non résolu : Clovis nie être arrivé en retard au boulot ; cependant il eut été normal, humain, que son chef d'équipe lui suggère de rester sur place jusqu'à l'arrivée des gendarmes. Cependant le reconnaître aurait impliqué sa participation au maquillage de la scène de crime.


La gare de Lurs disposait d'un téléphone interne, mais le brigadier décide de partir pour Peyruis prévenir qui de droit en préférant faire 6 km à pétrolette plutôt que d'utiliser une des lignes téléphoniques desservant  la gare de Lurs. De même qu' il aurait  pu comme le gendarme Romanet se servir du combiné disponible et en fonction à quelques centaines de mètres chez le négociant Sylve sis à Giropey.
Détail technique : comment se fait-il que malgré l'interruption dit-on des communications téléphoniques,  la ligne desservant la maison de Sylve était opérationnelle  à 7H30 ?
Curieux choix de Roure que se dire  " ça ira plus vite " en se rendant à Peyruis distant de 6 Km pour aller téléphoner.
Il n'aurait pas croisé Ricard sur le coup de 7H qui se dirigeait  à pied vers la ferme. Ce qui est impensable si l'on se fie au timing retenu, à moins d'emprunter un  chemin de traverse. Ce qui était faisable, il n'y a qu'à regarder la topographie des lieux.


6h50 / 7h - 5 Août 
S'il fallait se pencher sur le cas de Ricard, on imagine sans peine qu'en prenant la poudre d'escampette il devait se sentir mal à l'aise avec son fond de culotte pas très net en allant témoigner à Forcalquier. Quoi dire ? Qu'il n'avait rien vu de dramatique en pénétrant sur le bivouac, sinon qu'il avait été surpris par cette façon particulière d'un campeur de dormir à côté d'un lit de camp, à même sur le gravier. Alors que sa première impression avait été d'avoir affaire à un accident, ce qui avait motivé son intrusion sur la décharge. Accident de quoi on se le demande ? Du sang sur la route ? Un véhicule endommagé ? Des blessés ? Un lit de camp abandonné en bordure de route ? Non, rien de tout cela si ce n'est que régnait aux abords du véhicule un désordre qualifié  " d' inimaginable "  et qui se résumait en fait simplement aux objets numérotés de 1 à 8 indiqués sur le croquis établi par la gendarmerie.


Objets centralisés pour la plus-part prés de la Hillman... Pas de quoi provoquer une intrusion indiscrète pour si peu.
D'autant qu'il faudrait réduire le nombre de ces objets jonchant le sol en faisant  le distinguo entre ceux qui auraient été déplacés par le Tave après 7H du matin.


Les sandales par exemple, dissimulées sous un coussin de laine ne seraient apparues sur le sentier que plus tard, sans que l'on en comprenne la raison. 
Un semblant d'explication a été avancé en ce qui concerne les sandales, mais la présence du coussin placé sur celles-ci demeure énigmatique. Il était inutile de ramasser ces objets en s'éloignant du campement de plusieurs mètres sur le petit sentier si l'on voulait créer l'illusion d'un désordre.


Ricard n'a peut être pas dit toute la vérité. A t' il vu 1 ou 2 corps ? Il a été obligé de se manifester, il ne lui aurait pas échappé que Marie et Yvette l'observaient lors de son passage près de ferme -  ou a-t-il pu craindre que le chauffeur du car qu'il avait arrêté sur la route fasse état de sa présence à proximité de la scène de crime.


Yvette tentera de procurer un alibi à Gustave, alors qu'il était planqué dans le ravin, en disant qu'elle avait en sa compagnie vu passer devant la ferme un homme en short avec sac à dos. Pourquoi ne pas s'adresser à celui-ci ? Puisque la gendarmerie a été prévenue et que d'autres personnes sont au courant de la découverte des corps;
Sauf qu'on imagine sans peine que les deux femmes, puisque à ses côtés se tenait en réalité Marie, et non le Tave, devaient ressentir dans leurs culottes les mêmes désagréments d'inconfort  que Ricard.
On peut également souligner la différence d'interprétation et de comportement  entre Ricard et Roure face à la situation.


Ricard s'aventure sur le bivouac croyant avoir affaire à un accident que rien de dramatique ne semblait justifier, à l'exception de quelques objets épars sur le sol qui pouvaient résulter de campeurs bordéliques, puis il serait ressorti quelques 5 mn après du bivouac. Qu'avait-il ce brave à zieuter si longuement ? Puisque en définitive corrigeant sa méprise il n'aurait été surpris que par l'attitude hors norme d'un campeur.
Un homme ? C'est possible, même si cela n'a pas été retenu au prétexte qu'il pouvait y avoir confusion dans sa mémoire. Mais on ne peut écarter sauf à balayer ce qui dérange, que Ricard a bien déclaré avec force détails qu'il lui avait semblé avoir vu un homme, pantalonné et chaussé sur la décharge etc etc ...


A  l'inverse, Faustin ne pénètre pas sur le bivouac pour s'enquérir du sort des parents alors qu' avec ses copains il vient de découvrir une gamine le crâne fracassé. N'étant pas arrivée là toute seule, la plus élémentaire des réactions aurait consisté à rechercher les parents dans les parages et qui ne pouvaient se situer que dans le périmètre du bivouac.
On peut supposer : 
1) que Ricard n'aurait pas tout dit sur ce qu'il a vu
2) que Roure avant de sortir du chemin, se gardant de pénétrer sur la décharge devait savoir ce qui s'y trouvait.
Ce qui amène à penser que les cheminots placés devant les faits accomplis, convoqués avec retard, auraient calqués leur déposition sur les constats des gendarmes.


Jusqu'alors passif, Roure ne pouvait par la suite agir que contraint et forcé, car avec 3 cadavres dans le paysage il ne devenait plus possible de cacher l'éboulement en procédant en catimini à la remise en ordre du ballast.
D'ailleurs sans cette tuerie il aurait été surprenant que Roure fasse un rapport, et  comble d' infortune, que les frais de la remise en état des lieux soient facturés à ses meilleurs amis, employés comme lui de la SNCF - dont une fille Dominici, Augusta Caillat garde barrière à St Tulle. Alors que l'opération en temps ordinaire n'aurait entraîné aucune fourniture de matériel mais plutôt  la mise en oeuvre gratuite d'huile de coude fournie par les copains pour dégager les abords du ballast.


Il n'existerait nulle trace de cliché d' ouvriers s'activant sur la voie ferrée dans la journée du 5 Août, pourtant selon Bourgues, 5 cheminots au moins seraient intervenus  pendant une heure environ. 
Et s'il fallait remuer le couteau dans la plaie, on notera que si près des lieux aucun d'entre ceux qui ont découvert les cadavres ne se sont dérangés pour aller voir ce qui se passait côté foire, à peine quelques mètres au-dessus de la voie ferrée et bien sûr aucun ne s'est présenté aux autorités. 
On ne fait pas état non plus d'employés des PTT venus démêler l'enchevêtrement des fils téléphoniques occasionné par des branches ou menacé par le risque d'une chute d'un poteau de soutient, qui, faut-il  le préciser, se trouvant à distance respectable du bord de la tranchée aurait nécessité la puissance d'un mini séisme pour le déraciner.


6h30 ou plus à Digne.
La presse s'éveille. Entrent en piste les locaux, petites mains des chroniques  pages intérieures, pigistes par intermittence, oreilles attentives au Café du Commerce.
Le correspondant de presse Jean Teyssier aurait été prévenu par bigophone dans sa chambre d'hôtel à Digne sur le coup de 6h30 - ce qui paraîtrait trop tôt - par l'intermédiaire dit-il d' une " voix amie ". Sous réserve, il pourrait s'agir de celle d'Yves Thélène gendre de Roure, jeune correspondant de presse qui aurait été le premier bénéficiaire du scoop. Hypohèse tout à fait logique, autant faire travailler la famille avant tout.
Cela expliquerait  le choix de Faustin de téléphoner de Peyruis en priorité à son gendre en toute tranquillité et sans témoins. 
Roure a-il téléphoné depuis le " café des voyageurs " ou de la gare de Peyruis ? 


8h - 5 Août
De retour de Peyruis il passe devant la décharge, le gendarme Bouchier est sur place, il ne s'arrête pas, alors que tout auréolé de son statut de secrétaire de la cellule de son parti, occupant un poste de responsabilité à la SNCF, il aurait du coopérer en se présentant comme l'un des premiers témoin de la découverte du massacre et ne pas attendre une convocation.
 P. Charrier dans son ouvrage p38 laisse entendre que Roure en revenant de Peyruis se serait adressé aux gendarmes, ce qui en l'occurrence démontrerait une excellente préoccupation citoyenne. Si ce n' est en fait qu'une erreur de l'auteur, car dans ce cas il n'aurait fait qu'aggraver son impérité en ne signalant pas aux gendarmes le changement du décors intervenu en son absence .


Mais il y a tout lieu de penser qu' à cette heure là il était bien plus titillé par le désir d'aller "sentir les louffes" chez les Dominici afin d'en apprendre d'avantage qu'il ne savait déjà, plutôt que de se manifester auprès des pandores.
On pourrait penser aussi qu'il était venu pousser un bon coup de gueule par fierté, n'ayant pas apprécié sa mise à l'écart dès la découverte du sinistre, tout en s'informant de savoir qui de Gaston, Marie, ou Yvette avait décidé de ne pas l'informer dans l'après-midi du 4 Août.


Dans la cour de la ferme se joue une scène assez cocasse qui aurait permis de faire croire que le vieux en rentrant avec son troupeau était dans l'ignorance des graves événements survenus au cours de la nuit.
Il pèserait un fort soupçon de comédie jouée entre les Dominici si l'on considère que la fameuse exclamation interrogative de Gaston réitérée par deux fois : où? où ? se voulait être entendue par des oreilles indiscrètes comme faisant preuve de son innocence. On aurait pu s'attendre à ce que le brigadier de la SNCF tapi sous les frondaisons s'écrie en écho  hou! hou! je suis là ! Et bien pas du tout, il se tirera, renonçant à présenter ses civilités au patriarche.


Décision troublante à plusieurs titres qui interpelle sur les raisons de cette discrète visite inachevée  : 1° que cette personne s'apprête à rendre visite à Gaston pour le saluer et que cette personne reste planquée sous la treille dans l'arrière cour de la ferme à écouter les conversations, 2° que cette personne n' adresse pas la parole au vieux qu'elle venait visiter et  3° que cette personne puisse repartir en douce sur la pointe des pieds sans que quiconque ne s'en aperçoive .
Le vieux, goguenard, en s'adressant à son ami s'écriera d'un air entendu lors du procès :  - Eh, Faustin ! je ne t'ai pas vu !
Roure :  - En tout cas, on ne s'est pas parlé !
Comprenne qui pourra.


Durant cette partie de cache-cache Gaston / Roure se déroule un autre événement qui laisse admiratif dans la mesure où le jeune Perrin commet l'exploit à vélo d'arriver à la Grand-Terre quasiment pile poil dans le dos de Roure, qui en quittant la Serre, sur son vélomoteur, n'avait aucune raison de musarder sur la nationale s'il devait rattraper le temps perdu en raison de son escapade à Peyruis. 


Après le départ du cheminot de la Serre, le gamin perd du temps en griffonnant à l'attention de sa mère un mot d'explication, boucle la maison, enfourche un vélo , pédale jusqu'à la Grand-Terre, rencontre Gaston et Gustave au sortir du chemin de la ferme.
On se rend compte que sur un parcours de 3 km, l'arrivée quasi instantanée de Zézé sur les talons de Faustin ne peut se faire dans le même temps sauf si celui-ci dépasse le régional de l'étape et le coiffe de peu sur le poteau...


Il y aurait donc  tout lieu de croire que Roure ne se serait pas arrêté à la Serre. Bien que mû par la curiosité Zézé ne s'arrêtera pas lui non plus à hauteur de la décharge. Il tracera direct chez son pépé.


A l'encontre de toute logique entre 5h30 et 8h on se demande pourquoi le vieux maître incontesté du domaine n'avait pas été averti.
Il se serait trouvé avec son troupeau sur les iscles de Peyredul qui sont surplombées en totalité par la voie ferrée sur plusieurs centaines de mètres offrant une visibilité totale et à portée de voix sur l'ensemble des terres. La brigade des poseurs de rail aurait dû voir son père en se rendant en aval de la gare au chantier du km 321.


On notera, que personne ne déclarera avoir vu ou entendu les chèvres de Gaston, ni sur la RN, ni du côté de la Durance le long de la voie ferrée.
Il en est de même pour Aimé Perrin et sa femme qui travaillaient dans leur champ longeant la ligne du chemin de fer.
On peut supposer qu'il ne serait jamais allé faire paître ses chèvres,  hypothèse étayée en cela par la presse, il aurait déclaré s'agissant de l'enfant :       " à 6 heures du matin , le cadavre était froid "  J.L. Vincent p 191/192.
Et Yvette de confirmer bêtement de façon indirecte malgré ses dénégations : 
" A 6h du matin mon beau-père était occupé à soigner les bêtes " 
Plus encore, relaté par P.Scize p331 les propos tenus par la Sardine au troisième jour des assises : " Vers 6 heures, Gaston m'a dit qu'il y avait une petite fille morte près du pont . "  


Bon, je crois que l'on a compris, sauf la cour, que Gaston ne semble pas être sorti avec son troupeau.


Avant de poursuivre sur l'attitude étrange de l' ami intime des fermiers, il faut revenir sur ce que l'on peut appeler la grande mystification de l'affaire qui a retardé et plombé durant de nombreux mois les enquêteurs dans un profond tunnel obscur, et dont ils ne sont sortis au mois de Mai 1953 pour mémoire que grâce à  un concours de circonstances tirées par les cheveux, mais surtout cousues de fil blanc :  à savoir la rencontre miraculeuse de Sébeille avec Ricard en début d'enquête. Discussion laissée pour compte depuis Août 1952 dans les limbes de l'oubli sur le plateau de Ganagobie.


A noter qu'à cette époque, au sujet de la position de la victime allongée sur le ventre ou sur le dos , aucune question ne semble avoir été abordée au cours de cette improbable entrevue.


Il n'a pu être évoqué le fait que Ricard n'avait pas vu de lit de camp puisque le commissaire l'ignorait ; et Ricard n'a dû faire aucun commentaire sur l'entrée en scène d'un cadavre en bordure de route qu'il n'avait pas vu. A la limite on doit se demander quel sujet a pu être abordé au cours de la conversation.
On sait le commissaire peu porté sur les détails, mais quand même !!
Un Sébeille qui semblait ignorer totalement la déposition de Ricard du 5 Août en début d'après-midi en gendarmerie de Forcalquier - et pour cause, la déposition serait introuvable au dossier. Cependant sur le registre de dépôt des mains courantes ou du compte rendu de service concernant la gendarmerie, il se devait d' être consigné l'heure et le jour du passage de toutes personnes venant déposer. Donc si l'on avait à l'époque vraiment voulu s'y pencher, nous connaîtrions aujourd'hui avec exactitude le jour et l'heure de son passage à défaut de pouvoir lire sa déposition. Déposition qui sans vouloir enfoncer le clou pourrait bien avoir servi de papier d'emballage pour envelopper l'ex-boîte d'allumettes pieusement transformée en coffret à reliques placée dans un coin de la cuisine du commissaire Sébeille.


Jusqu'au mois de Mai 1953, la position in situ du cadavre de Lady Ann relevée par la gendarmerie faisait foi sans aucun doute possible avec l'assentiment de la police scientifique Marseillaise, et sans diagnostic contradictoire de la part des légistes sur une éventuelle interruption ou inversion des signes des lividités cadavériques.
Pourtant des signes de changements partiels auraient du sauter aux yeux des moins avertis. La victime serait restée sur le dos de 1h jusqu'à 7h du matin, puis traînée par les pieds sur plusieurs mètres, et retournée sur le ventre jusqu'à l'arrivée du Dr Dragon vers les 9h qui a procédé à l'examen des  3 corps. Examens d'après certains spécialistes réalisé de façon superficielle sans que pour autant ses observations générales soient à réprouver.


Ce qui démontrerait que sur les parties visibles du corps les lividités cadavériques constatées aux environs de 9H30 par le praticien de campagne - notamment sur la face du visage reposant sur le sol, le devant des cuisses etc  - ces débuts de lividités lui sont apparues justifiées en rapport avec la position du corps et de son évaluation clinique dans le temps.
D'ailleurs les hommes de l'Identité Judiciaire qui n'en étaient évidemment pas à leur premier cadavre ont dû établir les mêmes constats puisque rien d'anormal n'a pu être décelé et notifié.


Ce n'est pas avec l'aide de la fine équipe des cheminots de " la bande des quatre " poursuivant leur train-train habituel qui auraient eu la bonne idée sur le coup de midi d' aiguiller sur la bonne voie l'armada judiciaire, laquelle se fourvoyait sans conteste en indiquant qu'un cadavre avait été déplacé. 


Tout ce monde sympathique a attendu les convocations des autorités, temps certainement mis à profit  pour accorder les violons:  
Roure le 8 Août   
Clovis  le 12        
Boyer le 20
Drac  ?  


Omission collective involontaire? gros mensonge salvateur ? Les réponses aux interrogations sont vite trouvées quand on connaît après coup quelle était la personne immédiatement impliquée que l'on a voulu protéger.


A cela on peut regretter le manque de rigueur dans la sauvegarde des indices et la désinvolture apparente du jeune et élégant juge Périès .


Juge d'instruction que Bossa surnomme avec irrespect " le pantin ",  que sans ambages le commissaire Chenevier se fera le plaisir de rapporter dans l'un de ses ouvrages ; c'est dire la considération du " vieux chêne " à l'égard du travail accompli par le juge Périès.


 Il est vrai qu'on le devine sur photos déambuler mains sur les hanches, à la limite de l'indolence faisant tout au long de la journée office de Cicérone.


Dans ces conditions pas étonnant que les indices furent salopés. 
Encore que, la présence sur le talus de la Durance des traces de semelles inversées ne sont pas forcément imputables au meurtrier puisque durant cette période d'ouverture de la pêche, ce coin de la rivière devait être sans aucun doute prisé par les adeptes de ce sport ..
Car l'insistance mise par Gustave pour attirer l'attention dessus prouve qu'elles n'appartiendraient pas  à un membre du clan.
D'ailleurs des traces identiques relevées toujours à proximité d'un point d'eau furent découvertes à différents endroits de la région:  Durance, le Lauzon, torrent de la Barlière. Autant de lieux, sinon plus encore de personnes chaussées avec ce genre de souliers si l'on accrédite J. Meckert, qui fait état de la chute d'un chargement de pompes analogues sur la RN 96 dont on aurait bien sûr retrouvé que des boîtes d'emballages vides.


 Pour terminer, comble de l'ironie ou de l'humiliation s'il fallait charger la mule, il est assez rare dans les histoires criminelles, qu'un juge se retrouve à bonne table à l'heure de l'apéro avec le ou les criminels et la plupart de ceux qui le tromperont en plombant  son instruction.
Quoique dans le canton l'hospitalité, la convivialité, les rapports entre justiciables et pourfendeur du crime, témoins, suspects, avocats et autres autorités pouvaient s'organiser de façon très amicale comme participer à un concours de belote, offrir un repas intime dans un restaurant, ou simplement entre deux interrogatoires tirer en toute intimité sur une tige de huit  accoudés à la fenêtre d'un commissariat .


A plusieurs reprise l'intervention de Roure est prépondérante, bon samaritain, toujours à la rescousse des Dominici, ainsi qu'au bénéfice de Roger Perrin  surnommé " Zézé "dit " l'enfantouillasse " , " le pas fini "  ou le " fada " définitions appropriées selon le jugement éclairé de son grand-père.


Malgré les investigations conjointes police/gendarmerie, pendant l'instruction, lors des questions pressantes durant les assises, pendant la contre-enquête, toutes les tentatives d'éclaircissement n'ont pas abouties sur la question cruciale de savoir si Zézé était présent dans la nuit du 4 au 5 Août chez les Dominici .
Lacune non résolue depuis plus de soixante années, et qui le restera à moins de caresser l'espoir qu 'une once de vérité déposée par l'intéressé sur le bon plateau fasse pencher la balance du bon côté avant d'entrer en enfer ou au paradis.


Une série de mensonges proférés par le gamin sur son emploi du temps a fait date dans les annales judiciaires, aidé en cela quelque peu par Roure dont la mémoire sur une question essentielle a fait un temps défaut, à savoir, que sous le coup de l'émotion il ne se rappelait plus très bien si de retour de Peyruis il s'était arrêté à la ferme de la Serre et avait mis l'enfantouillasse au courant des faits.
Mais réminiscence aidant, lors du procès il dira qu'il ne voulait pas faire mentir le petit car si Zézé le disait c'est que c'était vrai.
La cour époustouflée, convaincue d' une telle assurance en restera là bouche bée et ne sifflera pas la sortie en touche.


Durant l'instruction, déjà travaillé sur la question, croyant asseoir ses allégations il avait confessé qu'il avait le matin pour habitude avant de se rendre au travail d' acheter un litre de vin à la ferme de la Serre chez les parents de Zézé, et ce à destination de ses coéquipiers qui ont dénié cette attention généreuse en indiquant qu'à l'occasion l'après-midi ils préféraient se fournir en gros rouge chez  Perrin Aimé de Giropey.
On imagine sans peine la surprise de son l'épouse, questionnée, abasourdie, tombant des nues ;  servait-elle dans son débit de boissons au " café des voyageurs " de la piquette que son mari supportait peu ? ou pire, que son mari cachottier en plus de sa production viticole personnelle picolait en douce en achetant ailleurs avec l'argent du ménage de la bibine à son insu.
Plongés dans ces vapeurs éthyliques nous pouvons, à le croire, constater tout au moins sur la forme, qu'avec retard il n'aurait pris sa chopine quotidienne qu'à son retour de Peyruis, contrairement à son habitude matinale. Ce qui arrangeait bien Zézé puisque ce ne serait qu' aux environs de 8h qu'il aurait appris le drame . 


On comprend très bien que Roure en prenant son litron en se rendant à l'éboulement aux environs de 6h15  n'aurait pu parler d' autre chose que de l'incident , mais pas de la tuerie qu'il allait découvrir .
Voilà qui sauve Zézé . 


En tout cas  la femme de Roure ainsi que Boyer,  Drac et compagnie sont en contradiction totale avec lui, seul le père de Zézé dit au commissaire Gillard  lors de la contre enquête qu'il arrivait parfois que Roure achète une bouteille de vin.
Parfois ? Evasif , imprécis. Adverbe bien choisi en la circonstance.
Bon!  ne soyons pas dupe il ressort que le père Perrin ne veut pas faire mentir Roure et que Roure ne veut pas faire mentir le petit.


Mais bon sang!  n' a-t-on pas resserré une fois de plus le noeud coulant sur  l'affaire? pour quelle raison ne pas avoir convoqué l'ensemble de ces gens :  Bourgues, Maillet, Boyer, Clovis, Drac , Roure et son épouse, plus Aimé,  ainsi que le père de Zézé afin de tirer cela au clair. Car si le brigadier avait été confondu, il n'aurait pas pu laisser entendre qu'il s'était arrêté à la Serre, il n'aurait donc pas pu prévenir le gamin des crimes et de l'éboulement ; dans ce cas  le nom de la fameuse personne se trouvant dans la luzerne aurait été vite trouvé.


Quoique Rose la femme de Clovis dans un entretien avec le journaliste Pacaut confiait que c'était Yvette qui s'y trouvait avec son mari. Il aurait été tout à fait naturel en cette chaude soirée d'été baignée d'un clair de lune de profiter d'un peu de distraction, si l'on peut dire. Quelle jeune jeune femme dynamique de 20 ans  comme Yvette n'aurait pas sauté sur l'occasion d'accompagner son mari pour - dixit Gaston-  " se lever de devant " les fourneaux ; ce qui n'exclurait en rien la présence de Zézé .
Il est clair que suite à ces confrontations ratées, inachevées, stériles, aucune réponse n'est sortie du puits.
S' est-on contenté du vieux papé  " qui vaut mieux qu'un jeune innocent " ?


Un autre exemple, au troisième jour du procès, est relaté par le capitaine Albert, dans l'ouvrage du dernier paru p420 
" Roger a aussi prétendu que Gustave n'était pas allé chez Roure, au soir du 4 Août mais que c'était le brigadier-poseur qui était venu voir l'éboulement." 
On pense immédiatement à un mensonge de plus proféré par le gamin qui n'aurait d'autre motivation que de faire baisser la pression à son encontre. On comprendrait bien que si Gustave ne se s'était pas rendu chez Roure, il est évident qu'il ne se serait pas arrêté à la Serre pour ramener le gosse à la Grande-Terre.
Mais s'il dit vrai, alors la crédibilité d'une visite de Roure le soir du 4 Août  ( avec Clovis ) sur les lieux apparaîtrait naturelle et même du point de vue professionnel obligatoire, ce qui conforterait fortement la rumeur récurrente sur cette fameuse réunion organisée au cours de la soirée qui ne figure pas au dossier.


Selon la version officielle on croit pouvoir retenir que les cheminots de passage aux environs de 17h devant la ferme n'avaient pas été prévenus. Ce qui est un non sens. Pourquoi reporter cette échéance puisque Gustave se serait quand même rendu chez Roure vers 21h le prévenir d'une chose qu'il ne pouvait cacher.


Que Roure ne soit pas averti  lors de son passage à 17h devant la ferme on peut l'admettre, mais que Clovis ne soit pas mis dans le bain soit à 17h , soit à 21h, c'est croire encore au père Noël.
Il n'y a qu'à revenir sur l'attitude inexplicable de Roure à l'égard de Clovis lorsqu'il le dépasse sur la route sans piper mot sur ce qui s'est passé la veille sur le domaine de sa famille. Ce comportement ne pourrait s'expliquer que faisant suite à une entente préalable d'un savoir réciproque..


Reprenons la déclaration de Girard qui fait état d'une dispute de Clovis avec Sir Jack.Altercation qui ne peut avoir eu lieu qu' après l'heure d'arrivée des anglais.
Si Gustave selon l'enfantouillasse ne se rend pas chez Roure à 21h celui-ci n'aurait donc pu être alerté que par un tiers, en l'occurrence par Clovis qui aurait pu et du être mis au parfum en fin d'après-midi par l'un des habitants de la Grande-Terre, ce qui paraîtrait  logique et naturel.


Il n'aurait donc pas été nécessaire que Gustave aille à Peyruis puisque Clovis attardé un temps sur les lieux aurait pu prévenir son chef en rentrant à son domicile.


Dés lors, il est fort possible que Roure s'en vienne au cours de la soirée accompagné de Clovis, constater sur place l'ampleur des dégâts; ce qui paraîtrait tout aussi logique et professionnel. La dispute Clovis/Drummond aurait pu, soit se dérouler avant que Clovis ne rentre chez lui, soit lorsqu'il serait revenu en compagnie de son chef d'équipe.
Cela renforcerait  la tenue hypothétique d'une " réunion " à la Grand-Terre avec  2 convives  supplémentaires.


Et Zézé ? prévenu par qui pour se retrouver embringué dans cette affaire ?  
1° Rien ne s'oppose a ce que le Tave ait décidé d'aller le chercher, jugeant sa présence nécessaire au même titre qu'il en aurait éprouvé l'intention s'il s'était arrêté à la Serre.
2° Dans l'après-midi du 4 Août Zézé aurait selon plusieurs versions arrosé un champ de haricots situé tantôt à la station de Ganagobie, tantôt au quartier St Pons  sur la commune de Lurs, et il aurait même conversé avec Paul Delclite.
Ce qui ferait 2 arrosages pour le contremaître de la mine de Sigonce :  le premier d'après Clovis, cité dans le  rapport de Chenevier en 1955  - consultable sur le site de S.Huet - qui se serait fait dans l'après-midi et le deuxième à 19 h mentionné par E. Guerrier  p217/218 .
 
Si le gamin ne ment pas, on pourrait entrevoir que Zézé arrosait ses légumes et que Gaston faisait paître ses chèvres aux mêmes heures dans le même quartier de St PONS  sur la commune de LURS et qu'ils se seraient rencontrés. 
Si Zézé avait eu besoin d'un alibi pour masquer sa présence à la ferme, Clovis faisait coup double en fournissant cet alibi qui lui était aussi profitable dans la mesure où il prouvait qu'il n'avait pas été retenu en passant devant la ferme ni averti de l'éboulement.
Encore des allégations non tranchées , alors qu'il aurait été si simple de consulter le cadastre des 2 communes afin de connaître quelles étaient les parcelles incriminées de l'un et de l'autre, et de s'informer sur le jour et les horaires de la distribution d'eau du canal de Manosque, ainsi que de se renseigner sur le nom du ou des aygadiers de service, ce qui aurait pu être très instructif et réserver bien des surprises.
 
Sans doute existe-il des explications, paragraphe N° 8 dans le rapport du commissaire Constant qui jusqu'à présent ne sont pas publiées en intégralité.


Au final on pourra reprendre l'article de Y.Thélène  p64 qui a prétendu que son beau-père avait reçu des confidences précoces par Clovis :
" D'autre part comme nous l'avons dit plus haut nous avons été priviliègé puisque
assez tôt , j'ai su par la bouche de mon beau-père que Clovis  lui avait avoué : C'est mon père qui a fait le coup. "


Oui ! Assez tôt sans doute. Très tôt même. Roure n'aurait-il pas déjà été mis au parfum le matin sur les lieux des crimes ? 
Il a sans doute compris, n'étant pas né de la dernière couvée, que les habitants de la Grand-Terre étaient impliqués jusqu'au cou - que durant la nuit tragique les Dominici sous la menace d'une soudaine aggravation n'ont pas pu aller se coucher sans qu' au moins l'un d'entre eux ne rode à proximité du bivouac, du champ de luzerne, ou sur le pont enjambant la voie ferrée.
De même s'il n'est pas venu lui même constater sur place, il est impensable qu'il n'ait pas demandé à Gustave d'exercer une surveillance sur le terrain, et qu'une embrouille suite à ces va et vient avait dû dégénérer avec les  Anglais parce qu' au fil des heures, le ou les Dominici sous le coup de la fatigue, de l'énervement, considéraient les Anglais comme des  témoins indésirables. Parce que plantés là au mauvais endroit, au mauvais moment.


En recevant cette confidence de Clovis, qui ne peut être qu'antérieure au procès, Faustin aurait laissé s'encroûter dans la panade l'ensemble des autorités en ne faisant pas part de cette révélation.
Quant à Clovis, fallait-il qu'il ait bougrement confiance dans le silence de Roure pour se laisser aller à de telles paroles ? mais Faustin n'avait-il pas déjà en bon samaritain démontré en plusieurs occasions son dévouement amical et salvateur envers les suspects ou le seul accusé coupable  ?  Ne serait-ce qu'en omettant pendant plusieurs mois de signaler le déplacement d'un corps sur la scène de crime.
S'il " ne parlait pas pour ne rien dire "  il parlait trop peu quand il fallait beaucoup dire .
Par 3 fois assurément il a écarté le danger encouru par les suspects :
Avec Gustave, en ne signalant pas tout de suite le changement de position et le déplacement d'un corps .
Avec Gaston, laissant planer l' incertitude sur l'éventuel montage d'une comédie dans la cour de la ferme.
Avec Zézé, à cause d'une mémoire déficiente qui laissera planer le doute sur sa présence sur les lieux des crimes .


C'est quand même un sacré concours de circonstances qui pèse sur les épaules de cet homme  "cheminot en retraite, en qui s'exprime avec force et sobriété l'honnêteté ouvrière "   P. Scize p300, qui font qu'à l'instar de Me E. Pollak p275 nous pourrions sans doute peu ou prou en le plagiant,  conclure comme il le fit à l'égard des Dominici :  En conscience, nous ne pouvons admettre que cet homme a pu " taire " tant de choses s'il ne s'était trouvé à la croisée des chemins d'où partait peut être la bonne piste.


La plus part des protagonistes ont à plusieurs reprises été pris en défaut.
Mis au pied du mur ils ont entonné une litanie puérile consternante :
" Je sais pas pourquoi j'ai dit ça "  " On ne me l'a pas demandé " " j'ai oublié de vous dire ... " "  Je vous ai menti jusqu'à présent " " Je vais vous dire la vérité  " " je l'ai dit mais je ne l'ait pas fait ", " s'il le dit c'est que c'est vrai "  " etc , etc. 


La compilation non exhaustive de toutes ces incohérences laisse apparaître une somme d'actions cumulées qui ne relèvent pas de la raison ni du hasard de ce qui a été couvert, dit, fait, falsifié, depuis la connaissance de l'incident sur la voie ferrée jusqu'à l'arrivée de la gendarmerie.
Clovis, au premier chef, plus que tout autre mais aussi Roure, Boyer, Drac, Maillet  portent l'entière responsabilité du fourvoiement des investigations de la police et de la gendarmerie. Ils sont comptables de l'inutilité des déplacements et de l'éparpillement à travers le pays des forces judiciaires à la recherche du moindre indice conduisant à la vérité.
Gustave aurait du se retrouver en cabane dés la première heure pour avoir modifié la scène de crime .
Clovis est aussi  responsable de la dégradation du climat politique déjà soumis au clivage des différentes chapelles qui ont pris fait et cause pour les uns ou les autres uniquement pour des raisons idéologiques faisant fi du caractère monstrueux des crimes, notamment l'achèvement d'une petite fille dans les conditions que l'on sait, victime d'une nuit de barbarie exceptionnelle.
 
Quant au rôle de la presse, il a été ce qu'il est actuellement ...  Avec un battement d'aile on provoque un séisme,  trois gouttes d'eau suffisent à grossir l' Amazone.


Oryx
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dixlouca


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MessagePosté le: Jeu Nov 10 2016, 23:07    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Bonsoir tous

Qui a perdu les chaussures ? la mère ? la fillette ?
Quel est le rôle du coussin dans cette manigance ?
En tous cas policiers et gendarmes ne se sont pas penché sur le problème.

C’est la mère qui a perdu les chaussures.
Les chaussures étaient en passe d’appartenir à la fillette.
Le coussin avait pour but de cacher provisoirement les chaussures.

Lorsque que le bienveillant et surtout bien prévoyant chausseur a été obligé par la faute de l’approche de Ricard d’interrompre son trajet vers le corps d’ED afin de la chausser celui-ci a déposé les chaussures sur le sentier (sentier qui mène tout droit vers ED) qu’il était en train d’emprunter et à poser par-dessus celles-ci le coussin. Avec l’intention de poursuivre son action après le passage du campeur. L’intrusion du campeur sur le lieu même du crime a déstabilisé le chausseur qui au lieu de poursuivre son projet s’en est allé à la ferme quérir conseil pour la suite à tenir après le passage de Ricard.


Bien cordialement
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oryx


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MessagePosté le: Ven Nov 18 2016, 11:45    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Salut Dixlouca,
Donc la personne qui aurait pris les sandales de Ann n'aurait pas trouvé les chaussures de la gamine et aurait  choisi de se rabattre sur celles de sa mère.
Quel serait le but de cette manipulation ?
Quid des explications avancées par les deux derniers auteurs qui supposent que les sandales de Ann seraient tombées au sol pendant son transport en direction du talus, soit après le passage de Ricard. . Pour rappel Ricard déclare avoir vu sur la décharge une victime chaussée, quelle serait alors cette personne si les sandales de Ann seraient déjà, par exemple,  dans les mains de Gustave .
Ne faudrait-il pas plutôt envisager dans votre hypothèse une interruption de l'action  causée par la venue de la gendarmerie, car sauf erreur un des gendarmes précise que Gustave est apparu dans leur dos ;  venu d'on ne sait où, à pied et sans son vélo.
 
 Bon!  Tout le monde patauge et pour longtemps encore, aussi bien les pros que les amateurs.
Ces objets peuvent avoir été placés sur le sentier avant la découverte des corps par les cheminots ou après le passage de Ricard.
On peut relire les posts précédents consacrés aux sandales et coussin édités dans la rubrique " Sur les lieux, les enquêteurs procèdent  aux premières constations "  chapitre : " Les enquêteurs examinent les lieux Le véhicule Les affaires " .
Malgré la disparition de certains semble-t-il.
Cordialement Oryx
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Mariani


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MessagePosté le: Jeu Déc 15 2016, 21:51    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Bonsoir amis(es) du forum,
Heureux de ces retrouvailles. Ma mémoire avait mis de côté le mot de passe pour ma connexion. Embarassed
J'ai du me faire aider pour en avoir un autre et éviter d'ouvrir un autre compte. Ouf.
Je vois là des remarques pertinentes. Heureusement, j'avais accès à la lecture de vos commentaires.
A très bientôt donc.
Amicalement.
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oryx


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MessagePosté le: Ven Jan 13 2017, 22:49    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

additif 


7h
 Yvette impatiente , n'y tenant plus enfourche un vélo avec la ferme intention d' aller activer par téléphone la venue de la gendarmerie ( pouvons nous la croire ? ) en se rendant  au bâtiment de l'ancien relais de poste, situé dans la côte de Giropey, transformé en habitations où réside M. Sylve avec comme voisin de palier si l'on peut dire Aimé Perrin.
Au bout de deux ou trois cent mètres à hauteur de la ferme Guillermin elle croise à vélomoteur Aimé qui a été prévenu du carnage par sa femme qui le tient de Bourgues alerté lui même parait-il en gare de Lurs par Boyer en compagnie de Drac
En se référant à E. Guerrier p 251/252 la conversation avec la femme d'Aimé se serait déroulée sur le bord d'un long champ rectangulaire contigu à la voie ferrée une demi heure avant l'arrivée des gendarmes qui se sont pointés entre 7h15 / 7h 30 sur les lieux des crimes.
Si Bourgues , tout seul et à pied sur la voie ferrée prévient la femme d'Aimé une demi heure avant l'arrivée des gendarmes  c'est étrange, car les cheminots sont sensés quitter la ferme Dominici peu avant la venue de Ricard vers 7h, et au vu du temps et de la distance à parcourir à pied sur la voie ferré pour atteindre le champ des Perrin on se demande comment Bourgues a pu se retrouver à plusieurs centaines de mètres de la gare en pleine discussion entre 6h 45 et 7h  avec Mme Perrin.
6h50 / 7h
L'équipe des poseurs de rails se répartirait ainsi sur le terrain : 
Roure en direction de  Peyruis.
Clovis probablement avec Gustave.
Maillet à proximité du Km 321 venu directement  sans passer par la gare avec          l'autorisation obtenue la veille par  son chef d'équipe
Bourgues serait parti à pied sur la voie ferrée en direction du Km 321, il rencontre la femme Perrin en bordure de son champ, Boyer et Drac ne semblent  pas être avec lui puisque c'est Bourgues et non Boyer qui relate à la femme Perrin ce qu'il a appris de ses équipiers.
Ne resterait donc en gare de Lurs aux environs de  7h que  Boyer et Drac pour la mise en place sur les rails du Lorrys ,ou draisine à bras,  alors qu'il serait nécessaire pour ce faire (question du poids de l'engin non établi )  d'être à quatre personnes.


C'est ainsi que , lire J.L.Vincent p 540/542 , vint à l' oreille du commissaire Gillard en 1955 cette histoire du retard de 10 mn de Clovis  en gare de Lurs ,qui niera bien sûr, contredisant ainsi ses équipiers .
Si ceux-ci ne mentent ou ne se trompent pas, avec 10mn de retard au moment de la prise de travail à 7 h en gare de Lurs, Clovis , lui , devait probablement se trouver planqué dans le ravin en compagnie de son frère Gustave pendant que Ricard à quelques mètres  sur la scène de crime   " fortement intrigué durant 5mn n' observait rien de particulier au pied d'un cadavre recouvert d'une couverture à côté d'un lit de camp " .


Sur certains points ,Gillard comme Sébeille, ont considéré comme secondaire sans creuser jusqu'à l'os  les péripéties survenues sur la décharge après la découverte des corps par les cheminots. La justice également n' a pas cru bon sanctionner ce qu'elle a dû juger comme être une broutille le fait de déplacer un corps dans l'intention d' entuber policier et gendarmes durant plusieurs mois.


Clarifier cet épisode sur le retard ou non  de Clovis ne faisait bénéficier en rien le patriarche en confrontant toutes ces personnes pour faire rejaillir la vérité.
Si Sébeille afin de mettre au trou Gaston en 1953 avait pu utiliser Gustave en le confondant sur les manipulations effectuées sur un cadavre , il n'en sera pas de même en 1955 avec Gillard/ Chenevier en utilisant Clovis  en essayant de prouver que son retard provenait de la conséquence de sa coparticipation au tour de passe-passe.


Cependant on  notera que la parole de Roure , malgré son passif , fera foi , puisqu'il assurera que la mise en marche du Lorrys s'est bien effectuée le matin ; certes, mais à quelle heure précisément ? puisqu'il était  encore planqué sous la treille dans la cour de Gaston  à 8h du matin.


Une fois de plus Roure sauve un membre du clan Dominici, en l'occurrence Clovis, et renforce la chape de plomb sur le triple crime de Lurs.
Oryx
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Isnel


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MessagePosté le: Mar Jan 31 2017, 20:56    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Bien bien tous cela, beau travail à tous: j'ai lu le livre de JLV bien sur: et le reportage sur D'ICI TV sur l'affaire Dominici avec JL Vincent. Jean Marc Passeron a interviewé devant caméra JL Vincent pendant presque 1 heure de temps: vers la fin du reportage JL Vincent Commissaire Divisionnaire à la retraite, affirme clairement "Je pense que Gaston n'était pas tous seul" (En parlant du triple crime). Beau reportage également, dont pas mal de chose sont détaillé.
_________________
le commissaire chenevier dans son livre: gaston avoue avoir tiré une foi sur lady drumond, alors qu 'elle a recue troie balle venant d'orizon différente. gaston avoue avoir mis un coup de crosse sur la téte de la petite,c'est pas vraie
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oryx


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MessagePosté le: Ven Fév 24 2017, 12:26    Sujet du message: Les invraisemblances Répondre en citant

Salut  Isnel,
L'inculpation de Gaston à l'issue d'une reconstitution menée tambour battant par le juge Périès , invraisemblable sur certains points  est largement motivée par un geste théâtral suicidaire survenu à point nommé .
La condamnation de Gaston sans preuve matérielle n'a été retenue que sur l'accusation ferme et irréversible de Clovis, et sur  " l'intime conviction des jurés "  basée sur un faisceaux de présomptions auxquels il n'a pu être expliqué en détails le déroulé des événements .
Les aveux même sont ridicules et grotesques.


Il reste toujours à démontrer une complicité passive ou active d'une, deux , ou pourquoi pas trois personnes dont on ne peux définir le degré d'implication sur ce qui a fait quoi tant les rôles des mis en cause sont interchangeables .
Ces preuves n'existent pas dans le dossier, sans quoi Gaston  se serait trouvé en bonne compagnie dans le box des accusés.
Sauf qu'il a toujours été couillonné , de sa naissance non désirée à sa nuit de noce pathétique jusqu'à l'issue du procès,  accusé un temps par deux de ses fils, supportant seul l'opprobre populaire .
  " Ha les salauds " , c'est vrai mais c'est ta faute aussi Gaston.
Il est laissé au lecteur du dernier paru la possibilité de se faire une opinion, c'est bien l'aveu que le mystère demeure.


Tout juste pouvons nous à l'heure actuelle glaner ici et là des anecdotes sans importance et tenter de faire rejaillir par recoupement ce qui paraitrait invraisemblable, suspicieux, dans le comportement des protagonistes.
Il ne suffit pas de se  trouver à deux doigts de la vérité, car le chemin restant à parcourir pour l'atteindre est tributaire de l'épaisseur de ces deux doigts.
Amicalement Oryx
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:20    Sujet du message: Les invraisemblances

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