Affaire Dominici - Triple crime de Lurs Index du Forum Affaire Dominici - Triple crime de Lurs
Discussions sur l'affaire criminelle de Lurs. Août 1952, 3 cadavres de touristes Anglais gisent aux alentours de la Grand Terre, la ferme des Dominici.
 
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Cassandre


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MessagePosté le: Ven Sep 9 2011, 22:39    Sujet du message: Un article du point. Répondre en citant

 Bonjour

je vous fais ce copié collé

( source : http://www.lepoint.fr/archives/article.php/119138 )



L'affaire Dominici fascine toujours les Français. Lundi 13 octobre, plus de 12 millions de téléspectateurs ont regardé la première partie du téléfilm de Pierre Boutron sur TF1 (1). Cette fiction soutient la thèse selon laquelle la famille anglaise aurait été assassinée par un commando de barbouzes à la solde des Soviétiques. Elle plaide pour l'innocence de Gaston Dominici dans le meurtre des Drummond, à Lurs (Alpes-de-Haute-Provence), dans la nuit du 4 au 5 août 1952, il y a plus de cinquante ans.



Le clan Dominici innocent ? Pas crédible, s'exclame Jean-Loup Charrier. Il est le fils de Pierre Charrier, l'un des quatre avocats de Gaston Dominici, qui tenta, avec Me Emile Pollak et deux avocats de Digne, Léon et Bernard Charle-Alfred, de sauver la tête du patriarche devant la cour d'assises en 1954. Jean-Loup Charrier dévoile aujourd'hui, dans un livre à paraître le 15 novembre (2), la note dans laquelle son père, décédé en 1999, livre les éléments recueillis au cours de l'affaire : si Gaston était bien innocent, Roger Perrin, son petit-fils, un adolescent de 17 ans surnommé « Zézé », qui ne fut jamais vraiment interrogé, et Gustave et Clovis, ses fils, l'étaient sans doute beaucoup moins... La thèse à laquelle il n'a jamais cessé de croire.




Les téléspectateurs de TF1 ont admiré lundi un Michel Serrault magnifique en vieillard bourru et attachant. Ce Dominici - plus extraverti toutefois que son modèle - doit beaucoup au livre controversé du journaliste William Reymond, « Dominici non coupable, les assassins retrouvés », paru en 1997. Cette enquête, qui entend réhabiliter la figure du patriarche pour parvenir à la révision de son procès, réinterprète complètement l'affaire pour proposer une version bien surprenante : celle d'une sombre histoire d'espionnage sur fond de guerre froide. D'après les scénaristes, sir Jack Drummond, retrouvé assassiné avec sa femme, Ann, et sa petite fille Elizabeth, n'était pas un banal campeur britannique venu par hasard déplier son lit de camp à quelques centaines de mètres de la ferme des Dominici. Il était, outre un chimiste réputé pour ses travaux sur la nutrition, un agent secret de l'Intelligence Service britannique ; à ce titre, il aurait participé activement, après la guerre, à l'opération « Paperclip », une vaste entreprise de recrutement de savants nazis orchestrée par les gouvernements américain et britannique.



Ça ne tient pas debout, selon Charrier. L'avocat redoute que « l'Histoire ne retienne qu'une fiction servie par un téléfilm talentueux » . Dans son livre, écrit avec le journaliste Jean-Michel Verne, Jean-Loup Charrier présente un manuscrit laissé par son père avant sa mort et relatant le déroulement de l'affaire, ainsi qu'une note, que celui-ci aurait rédigée quelque temps après le procès. Cette « note Charrier », relative « aux questions laissées sans réponse dans l'affaire Dominici » , et retrouvée dans les archives personnelles de l'avocat, est explicite : interrogé par les enquêteurs, Roger Perrin « a donné sur son emploi du temps de la veille du crime des indications qui sont apparues au cours de l'enquête comme absolument contraires à la vérité » ; il a « menti sur son emploi du temps au matin du crime (...) à l'heure où Gustave Dominici retournait le cadavre de lady Drummond et vraisemblablement faisait disparaître les indices (...). Enfin, le matin du crime, il utilisait la bicyclette de Gustave Dominici » , retrouvée sur les lieux de l'assassinat, mais a menti sur la provenance de ce vélo. Clovis et Gustave, affirme la note, auraient eux aussi menti à plusieurs reprises, notamment en déclarant ignorer « l'existence de la carabine » Rock-Ola retrouvée dans la Durance après le triple meurtre. Conclusion de l'avocat : « Une participation du jeune Roger Perrin, à qui Clovis aurait prêté l'arme du crime, [crime] auquel aurait également participé Gustave, apparaît comme une solution infiniment plus rationnelle de l'énigme de Lurs. » Yvette, l'ex-femme de Gustave, Alain, son fils, et Roger Perrin sont les seuls survivants du clan.




Quel aurait donc été le mobile ? « Une algarade entre individus qui ne se comprenaient pas » , suggère Jean-Loup Charrier. Cette thèse, Pierre Charrier l'a déjà plaidée devant la cour d'assises, qui ne l'a pas retenue. Le commissaire Chenevier, chargé de la contre-enquête, l'a également exposée en 1973 dans un livre (3) où il suggérait à mots couverts la culpabilité de Gustave Dominici et de Roger Perrin. Elle est d'autant plus plausible, souligne Jean-Loup Charrier, qu' « au procès Gaston a demandé avec insistance à Gustave de dire qui était avec lui dans la luzerne ; mais, comme par hasard, le président a levé la séance à ce moment-là... »
Mais pourquoi faire état de ces faits seulement aujourd'hui ? « C'est un devoir de mémoire à l'égard de mon père, qui a toujours été convaincu de la non-culpabilité de Gaston. Mais il n'a pu publier cette thèse de son vivant, car il était tenu par le secret professionnel » , explique Jean-Loup Charrier.



Pour étayer cette argumentation, Jean-Loup Charrier revient sur un point de divergence essentiel avec William Reymond : l'heure du décès de la petite Elizabeth. « La fillette n'a pas été tuée en même temps que ses parents, mais au moins trois heures après » , affirme-t-il. Le tribunal lui-même l'a établi en inculpant d'abord Gustave pour non-assistance à personne en danger, lui qui avait affirmé avoir vu le bras de la petite bouger à 5 h 30 du matin ; et juridiquement, du moins, ce point est incontestable. Si commando il y avait eu, souligne Jean-Loup Charrier, ses hommes ne se seraient certainement pas attardés trois heures sur place avec la petite. Les coupables sont donc forcément ailleurs. Une hypothèse que William Reymond conteste avec vigueur : « L'autopsie montre que la rigidité cadavérique d'Elizabeth était certes moins avancée que celle de ses parents, mais le médecin légiste précise que c'est tout à fait normal pour un enfant. Elizabeth a bien été tuée en même temps que ses parents » , répond le journaliste.





Trop d'extravagances
Non content de défendre la thèse de son père, Jean-Loup Charrier s'attaque point par point, dans son livre, au scénario de William Reymond. Ce qui pèche dans son ouvrage, souligne- t-il, c'est la clé de voûte sur laquelle repose toute sa démonstration : les aveux de Wilhelm Bartkowski. Ce repris de justice interrogé en Allemagne quatre jours après le triple meurtre s'était accusé d'avoir participé au crime en livrant des détails étonnamment précis sur les lieux et les modalités de l'assassinat. Se présentant comme le chauffeur du commando, il avait même dénoncé trois hypothétiques complices qui auraient à leur tour avoué. « L'histoire a montré que Bartkowski était un "mystificateur" qui s'était déjà accusé de forfaits qu'il n'avait pas commis. Il voulait simplement être extradé vers la France pour tenter de s'évader » , explique Jean-Loup Charrier.




L'avocat n'est pas le seul à remettre en question le sérieux de l'enquête de William Reymond. « C'est sans intérêt ! » tempête Jacques Chapus, ancien journaliste à France Soir (avant d'être l'un des piliers de RTL), qui raconte, dans « 50 ans de journalisme » (chez Anne Carrière), l'affaire Dominici telle qu'il l'a couverte pour son journal pendant plus d'un an. « A supposer que Drummond ait bien été un espion et que les services secrets aient voulu lui régler son compte en 1952, ils seraient allés le tuer en Angleterre avec un silencieux ! Et surtout pas avec sa femme et sa petite fille », explique-t-il au Point .
Pour le spécialiste des grandes affaires policières des années 50 à 70, caricaturé dans le film de Pierre Boutron sous les traits d'un Chapel particulièrement complaisant envers le commissaire Sébeille, la vérité est beaucoup plus simple : « L'histoire Dominici, je l'ai vécue, et ce n'est pas celle-ci. C'est un accident de l'existence. Ce jour-là, une voiture s'arrête sur le chemin de Gaston Dominici, car la petite veut absolument camper. Préoccupé par l'éboulement de son terrain sur la voie ferrée, Gaston croise les Anglais à plusieurs reprises. Drummond le prend pour un maraudeur, et tous les deux s'emportent. C'est un crime de la colère, de la bêtise, de l'ennui. » Pour le journaliste, qui alla interviewer Gaston Dominici dans la prison des Baumettes pour « Cinq colonnes à la une », une émission qui émut l'opinion publique et fut à l'origine de la libération anticipée du vieillard, c'est dans le tempérament de l'accusé qu'il faut essayer de trouver une explication à ce crime pourtant gratuit : « C'était un homme capable des pires accès de violence. Une crapule avec des allures d'honnête homme, qui savait recevoir et bavarder. Un seigneur. »




Vers un mystère éternel
Cinquante ans après le triple meurtre, les hypothèses sur l'affaire Dominici sont toujours aussi nombreuses et ne satisfont personne. Chacun y va de ses explications. « Affaire banale de voyeur mettant en scène un vieil homme surpris par Drummond en train de regarder sa femme » , selon Jean Bizy, ancien journaliste à L'Aurore ; règlement de comptes entre anciens résistants, selon Giono ; sombre histoire de butin parachuté dans le maquis pendant la guerre, que Drummond serait venu récupérer, comme les habitants de la région de Lurs le murmurent encore...
« Il y a autant de raisons de penser que Dominici était coupable qu'il y en a de penser qu'il ne l'était pas , tranche Pierre Boutron, coscénariste et réalisateur du téléfilm. Moi, j'ai pris le parti de la présomption d'innocence. Je me suis appuyé sur des faits réels pour montrer comment naît une tragédie, quand une famille est accusée d'un crime du jour au lendemain. » A mesure que disparaissent les témoins directs de l'affaire, l'une des plus médiatisées du XXe siècle et l'une des plus romanesques, sans doute, une nouvelle bataille s'engage, autrement plus compliquée. Celle des historiens.


A bientôt

Marie-Val
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MessagePosté le: Ven Sep 9 2011, 22:39    Sujet du message: Publicité

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