Affaire Dominici - Triple crime de Lurs Index du Forum Affaire Dominici - Triple crime de Lurs
Discussions sur l'affaire criminelle de Lurs. Août 1952, 3 cadavres de touristes Anglais gisent aux alentours de la Grand Terre, la ferme des Dominici.
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

jack et le SOE
Aller à la page: <  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Affaire Dominici - Triple crime de Lurs Index du Forum -> Un peu d'histoire -> L'occupation - La résistance dans les Basses Alpes
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Mariani


Hors ligne

Inscrit le: 27 Jan 2009
Messages: 344
Localisation: Marseille
Masculin
Point(s): 346
Moyenne de points: 1,01

MessagePosté le: Mar Avr 10 2012, 20:43    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

 Bonjour amis (es) du forum,
Bonjour Oryx,

Voila de belles et intéressantes choses.
Le cas R. Blémant  semble digne d'interêt. Rolling Eyes
Tout est possible en effet.

Le seul point où je resterais très prudent, c'est sur les affirmations d'Hélène Tournaire.
Après une recherche sur google, cette personne semble avoir tâté bien des terrains pour écrire.
Une sorte de " touche à tout " Crying or Very sad Question

Mais est ce celle ci dont vous parlez? Est ce la même personne?
Vous avez donc lu ce livre " Le livre jaune du Vietnam " Cette dame cite t'elle ses sources?
Sur quoi se base t'elle pour avancer de telles informations?
Dans tous les cas, merci cher Oryx pour ce post et son contenu qui mérite toute notre attention.

Et vous vous interrogez, à juste titre sur la raison de l'arrêt des Drummond sur les lieux. Hasard du tourisme? Autre raison et un Rendez-vous?


A suivre?

Bien amicalement.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mar Avr 10 2012, 20:43    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Germaine


Hors ligne

Inscrit le: 07 Fév 2009
Messages: 143
Localisation: Nice
Féminin
Point(s): 143
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: Mar Avr 17 2012, 12:56    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonjour à tous et bonjour Oryx,



Je suis, veuillez me pardonner Oryx, étonnée que vous citiez Innocenzi. Je ne dis pas que vous partagez ses convictions, bien évidemment. Mais doit'on donner de la crédibilité à ce personnage? On sait très bien que nombreux et flagrants étaient les indices qui accusaient le fils. Voici un Anglais assassiné avec sa propre hache. Car il a été prouvé qu'elle appartenait aux Anglais.
Dans l'affaire Dominici, des tueurs seraient venus de très loin pour assassiner des touristes avec une carabine locale.
Dans l'affaire de Pelissanne, nous avons un touriste Anglais, qui aurait été tué par des professionnels, mais qui emprunteraient la hache de la victime pour commettre l'assassinat.
Voici les deux similitudes entre les deux affaires, ou plutôt, voici ces deux affirmations auxquelles personne ne croit. Je suis sûre Oryx que vous aussi, n'y croyez pas une seconde, rassurez vous.
Je crois que l'auteur divague, et exploite lui aussi cette affaire ( Cartland ), en mettant timidement un pied dans l'affaire dont nous débattons sur ce forum.
Un peu facile et voici je trouve un bel appât pour lecteurs en quête de sensationnel.
Qu'en pensez vous?
Je crois que c'est Pompidou qui avait eu peur de froisser les relations franco-britanniques, et que le fils Cartland avait demandé à être jugé en Angleterre.
Ce qui lui fut accordé.
Nous connaissons la suite.

Bonne journée.
Revenir en haut
fuji


Hors ligne

Inscrit le: 11 Oct 2011
Messages: 160
Localisation: midi-mediterranée
Masculin
Point(s): 160
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: Mer Avr 18 2012, 14:17    Sujet du message: Jack et le S O E. Réponse tardive à Oryx. Répondre en citant

   Mon cher Oryx

 Saluons l'important travail que vous avez fait consistant à rapprocher du crime de Lurs toutes les autres
 affaires criminelles que vous citez.

 Mais tous les crimes ont des analogies avec d'autres, en cherchant bien.
 Et cela tend à faire croire qu'il y a du mystere et du sensationnel là où les choses sont bien simples.
 Je ne crois pas que vous pensiez au commando, ni à qq résistants revanchards ni à des histoires
 d'espionnage industriel (en famille....).

 Alors pourquoi verser dans ces suppositions ?

 Vous dites bien par ailleurs que "l'implication du clan ne fait aucun doute" et vous évoquez "une croisée
 des chemins, ou rencontre malencontreuse de gens , due au hasard".

 Exit toute autres supputations.
 Entr'autre les hypothétiques feuillets dactylographiés - que personne n'a pu lire - et supposés remis à
 l'ambassade.

 Les raisons précises de l'arrêt sur la décharge , mais il n'y en a pas ! Pas la peine de chercher.
 Au moment où la décision est prise de s'arrêter, on cherche un peu en roulant puis on aperçoit un espace
 dégagé au bord de la route, ça fera l'affaire pour qq heures de repos.

 Cela nous est arrivé à tous : le choix d'un endroit médiocre pour casser la croûte et lorsqu'on repart on
 trouve à 500 mètres une halte aménagée !
 Ce n'était ni un camping sauvage durable, ni un rendez-vous.
 Un arrêt commandé par le hasard, tout simplement.

   Un hasard qui commande la tragédie.

     
            Bien cordialement     FUJI
Revenir en haut
oryx


Hors ligne

Inscrit le: 25 Nov 2008
Messages: 435
Masculin
Point(s): 485
Moyenne de points: 1,11

MessagePosté le: Mer Avr 18 2012, 21:31    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonsoir Mariani, Germaine, Fuji,
Non je n'ai pas en ma possession l'ouvrage de H. Tournaire, mais je recoupe avec toutes les réserves d'usage des informations ça et là .
Sans être un historien érudit nous pouvons admettre que le contexte de la guerre d'Indochine était bien présent dans toutes les officines secrètes des gouvernements internationaux en 1952. 
Que J.Drumond ait pu rendre service lors de ses déplacements en Europe,ou soit approché pour transporter des courriers à certains ex membres des S. O. E par exemple n'en fait pas un espion patenté pour autant.
Il serait tout à fait classique qu'une personne ayant une activité scientifique prépondérante, parcourant l'europe et le monde soit utilisé comme couverture pour ce genre de mission .


Bien sûr on pourra toujours rétorquer que l'on se sert généralement du canal diplomatique dans ce genre de circonstance, mais n'est ce pas l'exception qui confirmerait la règle ?


En ce qui concerne " L'énigme de Pélissanne, en filigrane l'auteur " Innocenzi "  est persuadé de la culpabilité du fils, tout comme moi, mais laisse le libre choix au lecteur.
S'il est fait allusion à des similitudes entre les deux affaires sur certains faits matériels, l'accent est surtout mis sur les personnalités hors normes de Drummond et de Cartland.
Si un lien pouvait s'établir entre ces deux hommes il ne porterait probablement que sur des relations antérieures .
Je crois avoir bien insisté dans mon post de nous interroger sur la personnalité de Sir Jack Drummond.
D'un côté nous avons une affaire familiale, d'un autre côté à l'affaire de deux familles au destin funeste.


Refermer définitivement les portes n'exclue pas la recherche de ce que l'on ne trouve pas dans le dossier sans faire du sensationnalisme.
Bien amicalement Oryx .
Revenir en haut
oryx


Hors ligne

Inscrit le: 25 Nov 2008
Messages: 435
Masculin
Point(s): 485
Moyenne de points: 1,11

MessagePosté le: Mer Juil 4 2012, 17:29    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonjour toutes et tous,
Salut Mariani,
Coup de bol, pour 1 Eu, je découvre dans un vide grenier le livre Jaune sur le Viêt-nam d' Hélène Tournaire .


Deux pages relatives à Jack Drummond, que je vous livre à domicile.
Rien de fracassant sur l'affaire, si ce n'est qu'épaissir plus encore le mystère sur la personnalité de cet homme. 
Cet ouvrage est paru en 1965, donc peu de temps après les événements, alors que les assertions fantaisistes ou réelles formulées sur la thèse de l'espionnage alimentaient quelques quotidiens avant que le soufflet ne retombe pour réapparaître ces dernières années au goût du jour.


" Dans la nuit du 4 au 5 Août 1952 à Lurs ( Basses Alpes ) où ils campaient, sir Jack Drummond, sa femme lady Drummond et leur fille de dix ans, Elizabeth, sont assassinés pendant leur sommeil.  Au terme d'un étrange procès, un vieillard nommé Dominici, accusé du meurtre par deux de ses fils, est condamné à mort. La peine sera commuée en détention à vie par le président Coty en raison du grand âge de l'accusé et peut-être aussi parce que ce patriarche complaisant manque par trop de mobiles. Libéré le 14 Juillet 1960, Gaston Dominici meurt à l'hospice de Digne le 4 Avril 1965 sans que l'on retrouve le testament dans lequel il avait promis d'éclaircir les ténèbres du crime de Lurs.
 Les Drummond avaient été discrets sur leurs horaires et sur les chemins qu'ils empruntaient dans leur voiture verte, une fillette cheveux au vent à la portière, un chevalet de peintre posé sur la plage arrière. Sir Jack était paysagiste à ses moments perdus. Il eût aimé fixer sur la toile les couleurs de l'Espagne, avait-il laissé entendre. L'amour des campagnes arides, des roches aux tons mangés par les siècles de lumière était une explication plausible à la halte de Lurs, sur un plateau désolé peu fait pour attirer le touriste. On ne chercha pas plus loin. Le mystère du triple crime et son horreur fixaient l' attention entre Digne et Barcelonnette.
 S'ils avaient regardé vers la péninsule ibérique, les amateurs de littérature policière n' auraient pas retenu une seconde l'explication que l'on tentait de donner du geste de Gaston Dominici : l'affolement d'un sadique surpris par les parents ou d'un satyre démasqué par le mari. Quelques lignes dans les journaux espagnols relataient un fait divers inexplicable - et d'ailleurs inexpliqué. Peu de temps après avoir franchi les Pyrénées dans leur voiture verte, deux paisibles touristes anglais accompagnés de leur fille essuyaient des coups de feu partis on ne sait d'où. Ils sortaient sans blessures de l'échauffourée. Toutes les balles s'étaient logées dans le chevalet posé sur la plage arrière.
 Une journaliste qui avait en toute ingénuité, établi un parallèle, fut discrètement priée de chercher ailleurs ses comparaisons. Cet " ailleurs" pouvait passer par les galeries de tableaux; peindre n'était pas la principale occupation de sir jack. Bien peu de personnes le savaient.
Les beautés de la nature n'avaient pas seules guidés sir Jack Drummond vers le plateau de Lurs. En ce jour du 6 Août qui ne se leva pas pour lui, il avait rendez-vous aux Baux-de-Provence avec un agent de l'Intelligence Service d'origine canadienne que certains connaissaient sous les initiales de J.S. S'il est un continent où la la Grande Bretagne se garde d'intervenir ostensiblement afin de préserver des intérêts négociés contre les indépendances, c'est l' Asie. C'est aussi le continent de son coeur et de son flair. Seule l'Angleterre avait senti bruire une menace dans l'éternelle prière des gongs vibrant sous les palmes de Ceylan, en 1950. Viendra 1963 et l' explosion qu'on interprétera de travers. La comprendrait-on et voudrait-on la limiter qu'il serait trop tard. L' Intelligence Service l'aurait tenté en 1952 - sans doute à travers le " père " de la Birmanie indépendante, U NU -- si sir Jack Drummond n'avait pas été assassiné à Lurs.
 Dans sa serviette qu ' on ne retrouvera pas, sir Jack transportait un épais dossier sur le front Bouddhique. "


Bon, voilà ce que l'on peut découvrir dans l'ouvrage, des inexactitudes nombreuses et criantes apparaissent notamment en ce qui concerne la composition de l'une de ces deux familles.
Ensuite en disposant seulement de cet extrait, on peut se demander ce que vient faire J.D dans la libération des peuples Asiatiques, alors qu'il faut le replacer et essayer de comprendre l'enjeu des puissances occidentales en Asie développé dans le contexte général de l'ouvrage.


Si H. Tournaire fait allusion à la Tragédie du col de Toza, des époux Pec ,  S.H développe sur son site avec assurance le cours des événements s'y afférent et rapporte avec exactitude de quoi rétablir les faits. Mais peut-être s'agit-il d'un autre fait divers.


Gageons que sous peu l'affaire sera relancée, un nouvel ouvrage doit paraître et sans préjuger de ce qu'il révélera , son auteur loin de nous OTELLO  nous met déjà l'eau à la bouche.
Amicalement Oryx
Revenir en haut
Germaine


Hors ligne

Inscrit le: 07 Fév 2009
Messages: 143
Localisation: Nice
Féminin
Point(s): 143
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: Jeu Juil 5 2012, 14:25    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

   Bonjour à tous,


Merci Oryx pour ces précisions.
Nous allons donc attendre cet ouvrage.
Pour en revenir à Hélène Tournaire, je vous avoue être à la limite du fou rire, seule la gravité du drame m'en empêche.
Comment peut'on écrire de pareilles inepties? J'ai du relire 3 fois pour être certaine de bien avoir interprété ce texte.
Où est'elle allée chercher tout ça? Jusqu'à maintenant, je croyais Mossé seul capable d'être en tête de liste des auteurs bidons, fantaisistes, je vois que je n'avais encore pas tout découvert. Elle peut prendre la première position. C'est fou.


Salutations
Revenir en haut
Jean Michel 26


Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2010
Messages: 236
Localisation: Pierrelongue
Point(s): 236
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: Mar Juil 10 2012, 22:06    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Salut


Les époux pec ? Crying or Very sad Shocked
Késako ?

@+
Jeanmi
_________________
Sport toujours et encore
Revenir en haut
oryx


Hors ligne

Inscrit le: 25 Nov 2008
Messages: 435
Masculin
Point(s): 485
Moyenne de points: 1,11

MessagePosté le: Mer Juil 10 2013, 09:49    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonjour,
Dominici et A-Hilli,   Pierre Dortiguier  Mercredi 19 Septembre 2012


" La piste de l'espionnage fut avec vraisemblance évoquée, et effectivement le Britannique avait été employé par son gouvernement, et revenait d'Indochine, alors embrasée contre les Français. Il aurait eu des documents compromettants, mais pour qui ? La France, le K.G.B, notamment des Français travaillant en relation avec le Vietminh ,ligue patriotique contrôlée par des Communistes ".


Article qui évoque des similitudes atroces entre ces deux crimes, soit,  mais aussi avec prudence, titille du bout des lèvres une rumeur très souvent exploitée( ou trop ) dans plusieurs ouvrages sur la disparition de documents secrets .


Ce qui semblerait donner suite ( Tartarin ) au " plein d'histoires troublantes autour de cette histoire " .
Faut-il rappeler la conversation entre Gustave et Yvette et rapportée par  Bossa au sujet des papiers qu' elle aurait dû faire disparaître . 


Cordialement Oryx
Revenir en haut
oryx


Hors ligne

Inscrit le: 25 Nov 2008
Messages: 435
Masculin
Point(s): 485
Moyenne de points: 1,11

MessagePosté le: Jeu Mai 21 2015, 11:23    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonjour,
A lire , article de André Lemelin " Le trésor de la résistance " faisant référence à J.C.PICHON,  "  Un homme en creux " auteur prolifique entre autres ouvrages, 


Etonnantes conclusions résultant des investigations journalistiques entreprises par ce dernier, touche à tout dans le bon sens du terme.
Ecrivain, dramaturge, poète, scénariste, philosophe, mathématicien . ( Wikipédia )


Un point commun tout de même avec  Jean Teyssier quant à la venue de Sir Jack au monastère de Ganagobie.
Surprenante implication de Clovis, et probable allusion à la réunion arrosée de la nuit du 4 Août .
Quant à l'exécution en 3 trois temps des victimes en 3 lieux différents puis quasi regroupement des cadavres jouxtant les terres Dominiciennes avec l'assentiment de Clovis ( juste pour faire chi... son père et Gustave ) ... bigre, ça mériterait de s'y repencher.
Cordialement Oryx


LE TRESOR DE LA RESISTANCE   Jean Charles Pichon
www.jeancharlespichon.com/wp/?p=2898
Revenir en haut
TARTARIN


Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2010
Messages: 60
Localisation: Marseille
Masculin
Point(s): 60
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: Dim Mai 24 2015, 17:19    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonjour,

Ce post est intéressant et permet de faire coïncider éventuellement ces écrits avec ce que l'on connaît ?

TARTARIN
_________________
Il n'y a de nouveau que ce qui a été oublié
Revenir en haut
oryx


Hors ligne

Inscrit le: 25 Nov 2008
Messages: 435
Masculin
Point(s): 485
Moyenne de points: 1,11

MessagePosté le: Dim Aoû 9 2015, 17:16    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonjour, 
Un éclairage assez particulier (?) sur la personnalité de Sir Jack Drummond  
" J’ai tout vu ; mais rien d’aussi parfait, dans le genre ignoble, que l’affaire Dominici. 
Elle avait éclaté en août 1952, alors que je n’étais pas reporter. Mais, pendant toute l’année suivante, j’en avais reçu des échos. Puis, il y eut ce court voyage dans le Nord, où j’en appris bien plus que je n’aurais dû en savoir. En novembre 1953, libre de tout engagement et mon dernier roman achevé, je repris l’enquête à mon compte et me rendis moi-même à Lurs. L’enquête dura seize Jours. Quand je revins, j’avais résolu l’affaire. Je le dis au directeur de Carrefour, Amaury, qui me crut. Je le croyais également et j’en demeure persuadé. 
On sait le drame. Drummond, sa femme et sa fille Lisbeth avaient été assassinés sur la Grande-Terre, à un kilomètre de Lurs, par un ou des inconnus. La Grande-Terre appartenait à la famille Dominici. A l’époque dont je parle, on accusait Gustave Dominici, l’un des fils, parce qu’il reconnaissait avoir, le lendemain du crime, vers cinq heures du matin, trouvé la petite Elisabeth encore vivante sur le sentier qui menait au pont. On s’étonnait beaucoup que les Drummond eussent choisi pour camper cet endroit, entre une voie ferrée et la route parcourue de jour comme de nuit, dans un pays sauvage, plein de retraits et d’asiles. On n’y comprenait rien, après un an. Mais, dans la version officielle, l’Anglais était une sorte de savant et de héros, ancien haut fonctionnaire du gouvernement britannique, chargé de la branche « parachutages » en 1944. Nul ne mettait en doute son intégrité. 
 Or, j’avais appris dans le Nord que ce saint vivait du chant. 
De collègues plus vieux que moi dans le métier, comme le grand reporter Salardenne, et par mes propres recherches au cours de mon année de reportages, j’avais pu vérifier que l’Anglais, en effet, passait toutes ses vacances, avec sa femme et sa fille, dans des régions (Hollande, Alsace) où de fortes sommes d’argent furent parachutées aux Centres de Résistance, entre les mois d’avril et de juillet 1944. Puis, il avait toujours très peu d’argent sur lui et, après le triple meurtre même, on n’avait retrouvé d’autre argent — dans les affaires d’Elisabeth — qu’un billet de cinq mille francs, bien que l’hypothèse du vol n’ait pas été retenue. Conclusion hasardée : Drummond comptait trouver sur place les subsides nécessaires à son séjour en France. Elle me semblait confirmée par la visite éclair de Scotland Yard, le lendemain du crime, à la police de Marseille. Consigne : bouche cousue. 
A Digne j’appris, comme prévu, que plusieurs millions parachutés en juin 1944 n’avaient jamais été retrouvés, que plusieurs notabilités avaient effectivement acheté de nombreux terrains à la Libération et que certains de ces enrichis, en compagnie de Clovis, un fils Dominici rejeté par sa famille, avaient largement festoyé le lundi même du meurtre. A connaître ce gens, car je les visitai tous, je ne doutai plus de leur réaction si un maître chanteur était venu les trouver, huit ans après le parachutage, prétendument requis par son gouvernement pour recouvrer l’argent dilapidé ou découvrir ce qu’il était devenu. 
Mon enquête me donna cinq certitudes. 1°) Le campement des Anglais ne s’était pas dressé sur la Grande-Terre, mais à un kilomètre de là, sur un petit pont qui séparait le mont de Lurs du mont de Gonagobie : des témoignages de chauffeurs de camion, tout au long de la nuit, confirmaient ce point, ainsi que le demi-témoignage du supérieur de Gonagobie, un brave abbé terrorisé par l’ampleur de la tragédie, mais lié, disait-il, par le secret de la confession. 2°) L’Anglais avait eu rendez-vous, à Digne, après une « corrida-bidon » qu’il dut quitter avant la fin, avec un messager chargé de lui donner rendez-vous, précisément, dans ce monastère, mais qui, l’attendant sur le chemin de Gonagobie, l’avait détourné de sa route pour l’amener à la maison où les meurtriers continuaient de boire. 3°) Ceux-ci étaient au nombre de sept (ou de six, je n’étais pas sûr du septième), enivrés à la fête pour se donner du courage. Ils avaient, par accident peut-être, blessé Drummond à la main avant de le tuer avec le même fusil ; mais l’Anglais n’était mort qu’une demi-heure plus tard, en même temps que sa femme, assassinée deux kilomètres plus loin (sur le pont de Gonagobie). 4°) La fillette, gardée en vie d’abord, n’avait été assommée que plus tard et transportée moribonde jusqu’au bas de la Grande-Terre, où le campement des Anglais était réinstallé tout au long de la nuit, selon un rythme que racontaient les passages des camions. 5°) La police paraissait avoir reçu quelque ordre de négliger tous les indices révélateurs : le silence du chien la veille au soir, le nombre des douilles retrouvées (qui ne correspondait pas au nombre des coups tirés), le sang de lapin répandu, le déplacement des corps, les contradictions sans nombre touchant la présence des Anglais sur la Grande-Terre la veille au soir, etc. 
Malheureusement pour la police, Gustave Dominici (inquiété par un éboulement) était vraiment sorti de sa ferme très tôt le matin, alors que la mise en scène s’achevait. Il avait ainsi appris toute l’histoire et menaçait de dire la vérité s’il venait à passer en assises. Du coup, le « témoin noir » qui l’avait reconnu, disait-il, sur la route, au milieu de la nuit, n’était plus sûr de son témoignage et le tribunal correctionnel réglait provisoirement l’affaire en condamnant Gustave à deux mois de prison pour « défaut d’assistance à personne en danger ». 
En ce mois de novembre 1953 où se situe mon enquête, on arrachait au vieux Dominici, Gaston, de bien étranges aveux, contredits par les faits[2] ; un an plus tard, on le condamnera à mort. Avec lui on ne risque rien : il ignore tout. Au procès, le président fera scandale en ne laissant même pas Gustave répondre au cri de son père : « Tu sais que je suis innocent ! Dis ce que tu sais ! » Mais, dépassé sans doute par l’énorme imposture, le président s’oubliera jusqu’à faire remarquer au « témoin noir » qu’il ne peut pas avoir pris pour ce vieillard de petite taille, le grand et fort Gustave. A quoi le témoin, sans se troubler, répondra, en plein tribunal, qu’il sert la police depuis trop longtemps pour craindre quelque représaille et que, d’ailleurs, il porte la Légion d’Honneur. Quant aux douilles insuffisantes, au chien silencieux, au rendez-vous de Digne, aux témoignages chauffeurs, au père bénédictin, aux millions disparus et au sang de lapin, etc., il est bien évident que personne n’en parlera (ni même de l’affolement des femmes Dominici, découvrant un campement et trois cadavres, là où la veille au soir il n’y avait rien eu). 
Jean Giono publiera seulement son beau livre, où il démontrera que les vingt mots de français des paysans de la Durance ne leur permettent pas de se défendre devant un tribunal (ce qui est vrai) et l’on n’osera pas, tout de même, exécuter le vieux Dominici, coupable au regard de la loi de trois assassinats, dont celui d’une petite fille. La peine de mort sera commuée en prison à vie et le général de Gaulle graciera le vieil homme. Il s’en reviendra mourir chez lui, dans cette même ferme qui, vingt ans plus tard, devenue un restaurant fameux attire, me dit-on, les touristes. Mais le gouvernement de la Ve République ne remettra pas en question l’un des grands crimes de la IVe, car les Républiques changent — et les Empires — mais les impostures deviennent de l’Histoire. 
[2] Pour ne citer que ces deux contradictions : c’est en voyant lady Drummond se déshabiller que le vieux bonhomme aurait perdu la tête. Or, le cadavre de lady Drummond a été découvert vêtu. Puis, comment concilier le crime d’un sadique voyeur avec l’assassinat de la petite Elisabeth, trois ou quatre heures plus tard ? Mais ce sont tous les indices retenus et tous les témoignages admis qui présentent ce caractère d’invraisemblance. "          
  Jean-Charles Pichon. 
Oryx 

 

 
Revenir en haut
TARTARIN


Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2010
Messages: 60
Localisation: Marseille
Masculin
Point(s): 60
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: Dim Aoû 9 2015, 17:38    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonsoir,

Faut pas faire lire ça à Gorenflo ou à Huet... !!! Et ça complique tout !!!

Je relève dans ce texte en caractères gras le journal CARREFOUR aujourd'hui disparu dont je peux vous joindre des informations...

Bonne lecture... :



TARTARIN
_________________
Il n'y a de nouveau que ce qui a été oublié
Revenir en haut
dixlouca


Hors ligne

Inscrit le: 21 Nov 2008
Messages: 520
Localisation: AVIGNON
Masculin
Point(s): 526
Moyenne de points: 1,01

MessagePosté le: Lun Aoû 24 2015, 18:23    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonsoir le forum bonsoir Oryx

Oryx vous y croyez vraiment ou c'est pour meubler ?

Amicalement
Revenir en haut
TARTARIN


Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2010
Messages: 60
Localisation: Marseille
Masculin
Point(s): 60
Moyenne de points: 1,00

MessagePosté le: Lun Aoû 24 2015, 18:33    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Bonsoir,

L'auteur du post c'est tartarin alors je réponds !!!
Je n'en sais pas plus !
Faut trouver un investigateur en Suède !!!
Dans le contexte actuel j'aurai viré cette info mais pour l'époque, sur quoi se sont-ils basé pour faire ce papier ???
Par principe il n'y a pas de fumée sans feu !

TARTARIN

_________________
Il n'y a de nouveau que ce qui a été oublié
Revenir en haut
oryx


Hors ligne

Inscrit le: 25 Nov 2008
Messages: 435
Masculin
Point(s): 485
Moyenne de points: 1,11

MessagePosté le: Lun Aoû 24 2015, 23:05    Sujet du message: jack et le SOE Répondre en citant

Salut à tous et toutes,
En fait , Dixlouca, votre question intéresse deux articles de presse ( PICHON et SCHEUTZ )relatant des investigations entreprises très peu de temps après la commission des faits.
Ces articles mettent l'accent sur une implication réelle ou supposée de personnages ayant participé sous le couvert de la résistance à des actions criminelles .
Qu'en est-il vraiment ?
Doménech l'un des premiers et bien d'autres journalistes , J.P.OLLIVIER , Giono, etc, ont évoqué cette piste.


Les publications sur le forum de ces documents ( incomplets ) n'ont d'autres intentions que de faire réapparaître ce qui a pu se dire et s'écrire à cette époque ; cela à titre purement informatif .
Tout apport sur le sujet est le bienvenu.


" La dépose sur la décharge des corps assassinés devrait aller dans votre sens puisque vous y étiez favorable. "


Bien à vous  
Oryx










  
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:03    Sujet du message: jack et le SOE

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Affaire Dominici - Triple crime de Lurs Index du Forum -> Un peu d'histoire -> L'occupation - La résistance dans les Basses Alpes Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: <  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  >
Page 5 sur 7

 
Sauter vers:  

Galerie photos | Portail | Index | creer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation Portail | Index | creer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001 phpBB Group
trevorj :: theme by ~// TreVoR \\~
Traduction par : phpBB-fr.com