Affaire Dominici - Triple crime de Lurs Index du Forum Affaire Dominici - Triple crime de Lurs
Discussions sur l'affaire criminelle de Lurs. Août 1952, 3 cadavres de touristes Anglais gisent aux alentours de la Grand Terre, la ferme des Dominici.
 
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L'affaire Celine Jourdan à la Motte du Caire

 
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MessagePosté le: Sam Mar 28 2009, 15:12    Sujet du message: L'affaire Celine Jourdan à la Motte du Caire Répondre en citant

La petite Celine Jourdan a été assassinée en juillet 1988

Le 28 juillet 1988 le corp de la petite Celine Jourdan est retrouvé sous des branchages. Peu de temps après,  deux hommes, Didier Gentil et Richard Roman sont arrêtés. Ils seront mis en examen pour séquestration, viol, meurtre prémédité et acte de barbarie. Faute de preuves contre Richard Roman il sera acquitté lors du procès de 1992.



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L'affaire Céline Jourdan





 Céline Jourdan, sept ans, vit avec sa mère dans la région de Sanary (Var). En cette fin juillet 1988 la fillette se trouve en vacances chez son père à La Motte du Caire dans les Alpes de Haute-Provence. Ce dernier tient le café-restaurant de la poste en plein centre de ce village paisible. Lorsqu'elle rend visite à son père, Céline a l'habitude de jouer sur la place centrale de La Motte tandis qu'il s'occupe de son commerce. Mais ce mardi 26 juillet 1988, lorsque Gilbert Jourdan sort pour demander à sa fille de rentrer, celle-ci demeure introuvable.


Après plusieurs minutes de vaines recherches, il donne finalement l'alerte vers 21 heures. Immédiatement, plusieurs dizaines de gendarmes et d'habitants du village, se dispersent dans les environs avec l'espoir de retrouver Céline saine et sauve.
Malheureusement, le lendemain vers 15 heures, le corps sans vie de l'enfant est retrouvé dans un taillis, en bordure d'un torrent asséché, à quelques centaines de mètres seulement de La Motte du Caire. Elle présente une profonde blessure à la tête et a vraisemblablement subi des violences sexuelles.




Après cette terrible nouvelle, une vive émotion s'empare alors de la population du village qui demande que le coupable soit apréhendé dans les plus brefs délais. Mais tandis que les recherches se poursuivaient, deux hommes sont arrêtés et placés en garde à vue sur la base du témoignage d'une personne âgée qui affirme avoir aperçu la fillette en compagnie de l'un d'eux le soir de sa disparition.
Il s'agit de deux marginaux qui vivent dans une ferme isolée en ruine à proximité du village. L'un se nomme Richard Roman mais son surnom est " l'Indien ". Jeune ingénieur agronome de 29 ans, il vit de l'élevage de chèvres et n'a jamais fait parler de lui depuis son installation à La Motte. Le second est Didier Gentil alias "Le Tatoué", un ouvrier agricole de 25 ans qui vient d'arriver dans la région.




Après une perquisition dans la ferme de Richard Roman, le procureur de la République de Digne, profite de la découverte de quelques grammes de haschish pour ouvrir une information pour infraction à la législation sur les stupéfiants et ainsi prolonger leur garde à vue dans l'espoir de recueillir des aveux.




Face aux gendarmes, le premier à craquer est Didier Gentil. Le jeune ouvrier agricole avoue avoir violé Céline mais explique que c'est son camarade Richard Roman qui l'a tuée. Ce dernier confirme ses dires quelques heures plus tard. Les révélations des deux complices présumés sont complétées par une reconstitution organisée par le procureur de la République 48 heures après la découverte du corps de la fillette. Vraisemblablement, Céline a subi des tortures, a été étranglée avant d'être achevée à coups de pierres.




C'est ainsi que le vendredi 29 juillet, les deux hommes sont inculpés d'assassinat, séquestration, viol aggravé avec tortures et actes de barbarie, par M. Marc Magnon, juge d'instruction à Digne. Mais si Didier Gentil confirme ses aveux lors de sa confrontation avec le juge, Richard Roman se rétracte et explique qu'il a avoué sous la pression des gendarmes.



Dans les mois qui suivent l'instruction suit son cours mais l'affaire de la Motte du Caire revient sur le devant de la scène médiatique en janvier 1989 lorsqu'un journaliste du Méridional (aujourd'hui La Provence) réalise un scoop en interviewant Richard Roman depuis la maison d'arrêt des Baumettes, à Marseille. Le jeune ingénieur confirme ses rétractations en ces termes : "J'ai avoué au terme d'un interrogatoire infernal. A force d'être accusé comme ça, j'ai perdu la raison. J'attends avec impatience les résultats des expertises génétiques qui me disculperont, qui prouveront que je n'étais pas sur les lieux du crime. Je n'ai pas vu Didier Gentil ce soir-là. Je suis seulement coupable de l'avoir accueilli et hébergé."



Cette interview réalisée dans des circonstances discutables provoque un tollé de la part des avocats de la famille de la victime Maîtres Pesenti, François Massot et Yves-Eric Massiani.


Mais cette émotion n'est rien par rapport à la quasi-émeute que provoque une tentative de reconstitution des faits le 16 juin 1989 dans les rues de la Motte du Caire. Entre la foule chauffée à blanc et contenue tant bien que mal par un cordon de gendarmes et l'agression des défenseurs des deux inculpés, Me Juramy et Me Leclerc par le père et les oncles de Céline, le juge d'instruction se retrouve dans l'obligation d'annuler la reconstitution. "Je ne suis pas un maquignon qui mène deux bêtes à l'abattoir. Je suis chargé de l'instruction d'un dossier. Je comprends la passion de la foule mais je ne peux pas la partager." déclare-t-il alors dans la presse.


Ces évènements particulièrement graves entraînent une vive protestation de la part du Syndicat de la magistrature et du Syndicat des avocats de France qui demandent que soient respectés les droits de la défense. Colère partagée par Pierre Arpaillange, le Garde des Sceaux de l'époque.
L'autre conséquence des violences du 16 juin est la présentation d'une requête en suspicion légitime de la part des avocats de Richard Roman dans le but de confier l'instruction à un magistrat d'une autre juridiction afin d'éviter le climat particulièrement détestable qui règne dans la région. Cette demande est rejetée par la chambre criminelle de la Cour de cassation le 20 septembre 1989.



Le premier coup de théâtre de cette sordide affaire a lieu plus de deux ans après les faits. Le 22 octobre 1990, le juge d'instruction Yves Bonnet, informe officiellement Joëlle Maurel et Gilbert Jourdan, les parents de Céline qu'il vient de rendre une ordonnance de non-lieu en faveur de Richard Roman, convaincu qu'il n'a pas eu le temps matériel de commettre les actes incriminés. Malgré l'appel du parquet général de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, Richard Roman est remis en liberté après 27 mois de détention provisoire. Didier Gentil demeure à cet instant le seul violeur et assassin présumé de la petite Céline.



Cette décision pour le moins inattendue est saluée par le comité de soutien du jeune homme présidé par son frère Joël, rédacteur en chef de la revue Esprit, mais ravive la colère des proches de la victimes. L'un de ses oncles ira même jusqu'à jeter des pierres dans la cour du palais de justice en signe de protestation.



Le 14 novembre 1990, la chambre d'accusation de la cour d'appel d'Aix-en-Provence ordonne un supplément d'information ce qui a pour effet de rendre à Richard Roman son statut d'inculpé mais laissé en liberté jusqu'à son procès.



Et comme si cette affaire n'avait pas subi suffisament de remous, voici que le 24 décembre 1990, Richard Roman est victime d'une agression à Annecy (Haute-Savoie). Accusant le père de Céline, il est finalement poursuivi pour "dénonciation calomnieuse".



Après six mois de liberté, l'ingénieur reconverti en éleveur est de nouveau placé en détention le 26 avril 1991 dans l'attente de son procès "pour la cessation du trouble à l'ordre public que sa libération a causé ainsi que pour sa propre protection" par la chambre d'accusation de la cour d'appel d'Aix-en-Provence .



Quatre ans et demi après le drame, le procès des deux assassins présumés de la petite Céline s'ouvre le 30 novembre 1992 devant la cour d'assises de l'Isère. Les débats s'ouvrent sur l'analyse de la personnalités des co-accusés. Didier Gentil est décrit comme un garçon mythomane et affabulateur qui a connu une enfance difficile balladé de foyers en foyers. Richard Roman, pour sa part, révèle une personnalité controversée, tour à tour défendu avec force par un agriculteur de la région ou bien présenté comme un défenseur de la pédophilie par un éducateur pour enfants autistes qui l'a cotoyé par le passé.



Dès les premiers jours du procès, les accusations de Didier Gentil apparaissent de moins en moins crédibles. Il explique notamment: "J'attendais que Roman soit interpellé et puisse parler lui-même. Comme il ne parlait pas, je l'ai chargé et il est évident que j'en ai rajouté." Richard Roman, quant à lui, déclare que ses aveux lui ont été extorqués: " Le gendarme Ramette me vouait déjà une haine terrible. Quand j'ai compris qu'il m'accusait (...), la garde à vue a duré des heures (...). On m'a dit que les analyses prouvaient que j'étais coupable (...). Je n'ai jamais été amnésique, j'ai pensé que c'était un cauchemar (...) Je disais simplement : " oui " aux gendarmes et ils faisaient des phrases, car c'est leur devoir de faire des phrases. "



Tour à tour convaincant dans ses explications mais aussi confus lorsqu'il évoque cette soirée, Richard Roman sème le trouble dans l'assistance. Le doute est à son comble lorsque l'expert psychiatre Christian Jullier raconte à la barre les propos de Roman lorsqu'il l'a examiné en garde à vue: "Il m'a dit : quand on a vu la fillette nue, on a perdu la tête". Malgré les dénégations de l'accusé, ce témoignage reste l'un des moments poignants du procès.



Pour autant, les conditions d'obtentions de ses aveux en garde à vue par le gendarme Ramette sont sujets à discussion. Même Paul Weisbuch le procureur de la République de Digne de l'époque et principal soutien de l'accusation, estime que "ce procès-verbal (qui tient sur une simple page) est d'une grande pauvreté ".



La seule preuve scientifique valable de ce dossier accable Didier Gentil. C'est bien son sperme que l'on a trouvé sur le corps de la fillette. En revanche rien de clair et définitif du côté de Richard Roman.
Au sixième jour du procès, les deux co-accusés racontent chacun leur version des faits et celles-ci, c'est le moins que l'on puisse dire, divergent totalement. Selon Didier Gentil, Richard Roman lui avait demandé d'enlever la fillette ce qu'il a fait sans se poser de questions. Après avoir bu quelques bières et du génépi, il a donc emmené Céline vers un lieu de rendez-vous où il devait retrouver son complice. Ce dernier serait arrivé au volant de la Renault 5 de sa mère et les deux hommes auraient ensuite roulé quelques centaines de mettre avant de se garer près d'un ruisseau où ils auraient violé la jeune fille avant que Richard Roman ne la tue à coups de pierres.




Richard Roman explique que ce soir là il est descendu avec la voiture de sa mère à La Motte-du-Caire pour acheter des cigarettes, il a bu une bière au Café de la Poste, puis il est passé à l'hôtel de sa mère sans la voir, et enfin il est allé se coucher à la bergerie.
Si la déclaration de Richard Roman est difficilement vérifiable, celle de Didier Gentil présente plusieurs erreurs sur les lieux et les détails de la scène du crime ce que l'avocat général Michel Legrand ne manque pas de lui faire remarquer.



Jour après jour, Michel Legrand semble d'ailleurs de plus en plus convaincu de l'innocence de Roman, conviction renforcée lorsque Didier Gentil déclare :"Je sais que j'ai violé, mais je ne vois pas le meurtre, le jet de pierre, ni le camouflage. Je le rejette sur Richard Roman (...). Je demande pardon à Richard Roman et pardon à la famille (de Céline)".



C'est donc sur la base d'aveux discutables, d'absence de preuves matérielles et de cette étrange demande de pardon qu'il demande l'acquittement de Richard Roman lors de ses réquisitions. A contrario, il demande que Didier Gentil soit condamné à la peine maximale, soit la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans.
Ses réquisitions seront presque totalement suivies par les jurés. Le 17 décembre 1992, Richard Roman est donc acquitté tandis que Didier Gentil est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 28 ans. A l'énoncé du verdict, les parents de la jeune victime expriment leur colère dans et à l'extérieur du palais de justice de Grenoble. Les deux oncles de Céline iront jusqu'à brûler leurs cartes d'identité et d'électeur devant l'objectif des caméras.




Quelques mois après ce verdict en avril 1993, Richard Roman est interpellé par des policiers devant l'Institut du monde Arabe à Paris pieds nus et en proie à un étrange délire ce qui lui vaut d'être interné à l'hôpital psychiatrique de Maison-Blanche à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis).
Plusieurs années plus tard, en avril 1997, Didier Gentil comparaîtra en compagnie de Francis Heaulme devant la cour d'assises de la Dordogne pour le meurtre de Laurent Bureau, appelé du contingent alors âgé de dix-neuf ans, retrouvé le crâne brisé le 9 mai 1986 dans un gymnase de Périgueux. Contre toute attente les deux hommes seront acquittés.

( scenedecrime)
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MessagePosté le: Sam Mar 28 2009, 15:12    Sujet du message: Publicité

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Andrecaire


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MessagePosté le: Mar Sep 1 2009, 13:28    Sujet du message: L'affaire Celine Jourdan à la Motte du Caire Répondre en citant

Bonjour à tout le monde sur ce site

Voici mon premier message, bien qu'inscrit déjà depuis de nombreux mois.
Je me présente.

André - retraité - 69 ans déjà.

Ex habitant de la Motte du Caire. J'aivécu ces dramatiques évènements. Originaire du pays et ayant habité la Motte pendant près de 30 ans.
Aujourd'hui encore, les mémoires sont vives et le sujet est délicat.
Quant à Roman, en effet, sa non condamnation a laissé un goût d'amertume et un sentiment de justice rendue à moitié seulement.

salutations à tous

André
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ludo04


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MessagePosté le: Mer Sep 2 2009, 04:26    Sujet du message: L'affaire Celine Jourdan à la Motte du Caire Répondre en citant

Bonjour à tous.

Bonjour andrécaire.

Citation:
 Aujourd'hui encore, les mémoires sont vives et le sujet est délicat.


Affirmatif!

Dénominateur commun de chaque affaire et même de moments pénibles de de l'histoire ( libération, résistance, période 39-45 )


Cordialement.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:22    Sujet du message: L'affaire Celine Jourdan à la Motte du Caire

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